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Comment attirer les gros calibres du privé à la tête de France Télévisions

Le nouveau patron sera choisi entre le 22 avril et le 22 mai

Le nouveau patron sera choisi entre le 22 avril et le 22 mai - Thomas Samson AFP

Le gendarme de l'audiovisuel va décider en février du processus de sélection du futur PDG des chaînes publiques. Une question cruciale qui aura un impact sur le nombre de candidats.

Le 22 août, France Télévisions aura un nouveau patron. Il sera choisi entre le 22 avril et le 22 mai par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

D'ici là, le gendarme de l'audiovisuel devra adopter une procédure de sélection. Ce sera fait en février, a indiqué le président du CSA Olivier Schrameck le 13 janvier à l'Assemblée nationale.

Question cruciale

La question de la procédure, anodine en apparence, est en réalité cruciale, et agite déjà le Landerneau. Selon la procédure choisie, les candidats seront plus ou moins nombreux. Précisément, plus la procédure sera secrète, plus il y aura de prétendants. Comment en effet tenter des candidats occupant un poste important dès lors que l'officialisation de leur candidature ne peut que les mettre en difficulté vis-à-vis de leur employeur ? 

Mais la mise en place d'une procédure secrète n'est pas sans poser d'autres problèmes. D'abord, c'est un collège des huit membres du CSA qui doit choisir, et pas le seul président. Difficile donc de garder un secret absolu dans ces conditions. Selon la presse, il serait question de confier le choix à seulement une poignée de membres, mais la porte-parole du CSA dément que cette piste soit à l'étude.

Ensuite, une procédure secrète serait du plus mauvais effet en termes de transparence. "Avant, c'était Sarkozy qui décidait tout seul dans son coin. Si demain, c'est Schrameck qui fait pareil, où est le progrès?", s'interroge un observateur.

La jurisprudence Radio France

Enfin, ce serait un changement de jurisprudence. En effet, il y a un précédent: le choix du patron de Radio France en 2014. A cette occasion, le gendarme de l'audiovisuel avait adopté une procédure hybride, mi-secrète, mi-publique. Il avait classé les candidatures reçues en deux catégories. D'un côté, les plus crédibles avait été rendu publiques, puis auditionnées à huis clos. De l'autre, les moins crédibles étaient restés confidentielles, et n'avaient même pas été auditionnées.

"Cette procédure n'était pas satisfaisante: on n'a eu que des candidats venant du public, et aucun gros poisson venant du privé", regrette un membre du CSA.

Olivier Schrameck a lui aussi déclaré vouloir adopter une procédure différente. "Ce ne sera pas un copier-coller de Radio France, nous allons tirer les leçons", déclarait-il en octobre au Nouvel observateur. Devant les députés, il a confirmer vouloir "évaluer" la procédure utilisée pour Radio France, ajoutant: "nous ferons en sorte de nous ménager la possibilité de faire appel à l'échelle maximale de compétences". 

Jamal Henni