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Ces chansons qui osent parler argent et business

Noir Désir, ici en 2009 avec Denis Barthe à gauche et Bertrand Cantat à droite, a dénoncé le mode de vie des Golden boys dans "l'homme pressé".

Noir Désir, ici en 2009 avec Denis Barthe à gauche et Bertrand Cantat à droite, a dénoncé le mode de vie des Golden boys dans "l'homme pressé". - -

La réussite professionnelle et le capitalisme ont parfois été des sources d'inspiration pour les artistes. BFMbusiness.com a dressé une sélection non exhaustive de "chansons business".

La réussite sociale, l'argent facile mais aussi la fiscalité, tels sont les thèmes qu'abordent les grands artistes français et internationaux lorsqu'ils parlent d'économie. Souvent critiques voire satiriques, ils n'hésitent toutefois pas à passer par l'humour pour livrer leur opinion.

BFMbusiness.com a établi une sélection non exhaustive de ces chansons qui évoquent tour à tour l'argent, la réussite professionnelle, ou plusieurs de ces sujets à la fois.

> Alain Souchon - Parachute Doré (2008)

Avec gaîté, lyrisme et humour, Alain Souchon parle dans cette chanson des abus des grands dirigeants d'entreprise. En témoigne les vers suivants: "J'ai creusé, creusé la dette, au lieu de me creuser la tête", "les profits ont dégringolé, les banques ont plus rigolé " ou encore le refrain: "la boîte a coulé, mais pouce, on a va se la couler douce, la pilule on va se la dorer, j'ai le parachute -chut- doré".

Evidemment, Alain Souchon était en phase avec l'actualité. La chanson était disponible gratuitement sur son site internet en octobre 2008. Seulement quelques semaines après la faillite de la banque Lehman brothers…

> The Beatles - Taxman (1966)

La grogne contre les impôts ne date pas d'hier. Le plus grand groupe de l'Histoire de la musique lui-même s'est érigé contre la fiscalité de son pays. "Si tu conduis une voiture, je taxerai la rue, si tu t'assois, je taxerais ton siège, si tu as trop froid, je taxerai la chaleur, si tu t'en vas, je taxerais tes pieds", peut-on entendre dans Taxman.

George Harrison, l'auteur de cette chanson (bien aidé cela dit par John Lennon), exprimait alors un coup de gueule contre le fort taux d'imposition dont auquel il était soumis. Il faut dire qu'à l'époque le Premier ministre Harold Wilson avait instauré "une super taxe" sur le revenu de 95%, pour les personnes les plus aisées.

> Florent Pagny - Ma liberté de penser (2003)

La plupart des grandes chansons de Florent Pagny ("Savoir aimer") a été écrite par Lionel Florence. Ce dernier lui compose une chanson sur mesure avec "Ma liberté de pensée", dans laquelle le chanteur règle ses comptes avec le fisc français concernant un contentieux fiscal de 150.000 euros de TVA, comme le rapporte La Dépêche du Midi.

Dans le clip, des agents saisissent l'ensemble des propriétés du chanteur qui les invitent "à tout prendre" car quand bien même ils n'auront pas "sa liberté de pensée". Cette scène parodie une saisie qui a effectivement eu lieu en juillet 2002, lorsque l'ensemble des biens du chanteur avait été confisqués.

> Depeche Mode - Everything counts (in large amounts)(1983)

En 1983, les membres du groupe anglais ne connaissent pas encore la gloire et le succès. Agés d'à peine 20 ans, ils décrivent dans "Everything counts in large amounts" ("Tout se chiffre dans de gros montants") la cupidité et la corruption liée aux mondes des affaires. Morceaux choisis: "Les mains cupides prennent tous ce qu'elles peuvent pour elles" ou encore "c'est un monde de compétition" dans lequel "les poignées de main scellent les contrats".

> Téléphone - Argent trop cher (1980)

Pour Jean-Louis Aubert et son équipe, l'argent transforme l'homme. Dans le célèbre "Argent trop cher", tiré de l'album "Au cœur de la nuit", ils décrivent comment ce système pervertit l'être humain: "Prenez un enfant et faites en un roi (…) le blé a les dents acérés, et les hyènes vont le dévorer, le môme finira banquier, le môme sera lessivé".

33 ans après, les membres de téléphone sont séparés et une enquête du Monde, parue l'année dernière, explique que l'argent n'a pas amélioré leur relation, loin s'en faut.

> Dire Straits - Money for nothing (1985)

Sur cette chanson, Mark Knopfler et ses acolytes se moquent du show business et de la réussite des Rock Star, de l'argent facile qu'un artiste peut toucher. D'où le titre "Money for nothing" ("de l'argent pour rien"), auquel s'ajoute dans la chanson "and chicks for free" ("et des filles gratuites").

Plus exactement, la chanson prend le point de vue d'un employé lambda d'un magasin d'électroménager, qui regarde, sur les nombreuses télés allumées, MTV. Il se désole de voir un chanteur efféminé rencontrer la gloire et l'argent que lui-même n'a pas eu. Ironiquement le superbe clip de la chanson (pour l'époque) sera littéralement matraqué par MTV lors de sa sortie.

> Noir Désir - l'homme pressé (1996)

"L'homme pressé" ou la vie cauchemardesque du Golden Boy. Dans cette chanson, Noir Désir dresse une satire de la vie à 200 à l'heure d'un homme d'affaires qui déclare que "les cordons de la Bourse se relâchent pour moi, il n'y a plus de secret je suis le roi des rois" et qui "est riche, très riche" car il "fait dans l'immobilier".

Les paroles "Explosé l'audimat, pulvérisée l'audience" ou "J'adore les émissions à la télévision, pas le temps de regarder mais c'est moi qui les fait" ont pu laisser penser que la chanson faisait référence, en partie, à Jean-Marie Messier.

> Claude Dubois - "le blues du businessman" (1978)

La réussite professionnelle ne suffit pas seule au bonheur. C'est en résumé ce que chante Claude Dubois dans la comédie musicale de Starmania dont les paroles étaient écrites par Michel Berger.

Son personnage a beau "avoir du succès dans les affaires", "voyager toujours en première", "ne pas supporter la misère", avoir "sa résidence secondaire dans tous les Hilton de la terre", il n'est pas "heureux mais en a l'air". Car son vrai souhait était "de devenir un artiste" "et vivre comme un millionnaire".

Julien Marion