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Ce que devrait (vraiment) rapporter au fisc le transfert de Neymar 

Neymar devrait toucher 30 millions d'euros net par an.

Neymar devrait toucher 30 millions d'euros net par an. - Lionel Bonaventure - AFP

L'administration fiscale va récupérer une partie du mirifique salaire versé au Brésilien sur les cinq années à venir. Si on prend en compte charges sociales et impôts, la manne pour l'État s'élèvera à 25 millions d'euros par an.

Le transfert record de Neymar ne satisfait pas que les supporters du Paris Saint-Germain. L’administration fiscale, elle aussi, voit d’un bon œil l’arrivée dans l’Hexagone de la star brésilienne.

"Le ministre des Comptes publics se réjouit des impôts qu'il va pouvoir payer en France", s’est ainsi félicité Gérald Darmanin, jeudi sur France Inter. "Il vaut mieux que ce joueur de football paie ses impôts en France plutôt qu'il ne les paie ailleurs. Quand on est ministre de la République, on a un devoir qui consiste à défendre les intérêts de l'État et les intérêts de l'État, c'est que les gens paient des impôts en France", a-t-il affirmé le ministre, sans donner de montant sur les revenus fiscaux attendus. Et pour cause: Neymar n'est pas vraiment un contribuable comme les autres.

10 millions d'euros par an de charges patronales 

Sous réserve que son entourage ne mette pas en place un astucieux montage fiscal, il est toutefois possible d'évaluer ce que l'administration récoltera lors des cinq ans à venir, soit la durée du contrat du Brésilien. 

"Grâce au transfert de Neymar, l'État va empocher la coquette somme de 25 millions d'euros par an", estime ainsi D. Delcourt, ingénieur financier et responsable du blog Expert Rémunération. Le joueur brésilien, qui a signé un contrat de 5 ans en faveur du club de la capitale, pourrait donc rapporter au terme de son contrat 125 millions d'euros aux caisses de l'État. Selon lui, les charges patronales annuelles représenteraient un peu plus de 10,1 millions d'euros tandis que les charges sociales salariales s'élèveraient à 2,9 millions d'euros.

Neymar, dont le salaire est estimé à 30 millions d'euros net, devrait quant à lui s'acquitter d'un impôt sur le revenu de près de 11,9 millions d'euros. Une somme qui devrait cependant être pris en charge directement par le Paris Saint-Germain.

La star brésilienne sera en revanche exemptée de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pendant cinq ans, en vertu du régime des impatriés, mais resterait imposé sur les biens acquis durant son séjour dans l'Hexagone.

Astuce fiscale

Le statut d'impatrié, dont devrait bénéficier l'attaquant auriverde puisqu'il n'a pas été fiscalement domicilié en France au cours des cinq années civiles précédant son arrivée, va lui permettre (ou plutôt au PSG) d'économiser 4,9 millions d'euros par an, soit 24,5 millions d'euros sur cinq ans. "Dans le cadre d’une négociation entre un club et un joueur sur la base d’un salaire net d’impôt le club doit prendre en compte l’impôt sur le revenu payable par le joueur. Avec le régime des impatriés une partie de la rémunération du joueur n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu", écrivait dans une note l'UCPF (Union des clubs professionnels de football).

L'administration fiscale pourra également compter sur les recettes de TVA issues des ventes de maillots et produits dérivés à l'image de Neymar. Sur chaque maillot vendu, un taux de 20% s'applique en effet. Si le PSG vendait 100.000 tuniques floquées du nom du Brésilien, l'État récupérerait ainsi 2,8 millions d'euros. Et c'est évidemment sans compter la TVA que paiera Neymar sur toutes ses dépenses en France.

Sami Bouzid, avec Yann Duvert