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Bernard Arnault: "notre objectif n'est pas la rentabilité à court terme"

Bernard Arnault est l'invité de l'émission Good Morning Business, ce mardi 19 novembre.

Bernard Arnault est l'invité de l'émission Good Morning Business, ce mardi 19 novembre. - -

Le PDG de LVMH, lauréat du BFM Award du manager de l'année, était l'invité de Good Morning Business sur BFM Business, ce mardi 19 novembre. Il est notamment revenu sur l'importance de son groupe pour la France.

Les BFM Awards l'ont consacré manager de l'année 2013, lundi 18 novembre. Bernard Arnault, PDG de LVMH et 54ème personne la plus puissante au monde selon Forbes, est l'invité de BFM Business, ce mardi 19 novembre. Voici ses principales déclarations :

> L'importance de LVMH en France: "Je suis heureux qu'Arnaud Montebourg ait reconnu publiquement l'apport de LVMH à la France. D'ailleurs, Arnaud Montebourg est un soutien de l'économie et, sur bien des domaines, il a l'appui des chefs d'entreprises".

Bernard Arnault rappelle que LVMH embauche, en France, 3.000 personnes par an. Il a aussi rappelé que le groupe paie plus d'un milliard d'euros d'impôts par an en France. Une somme qui correspond à plus de 50% des impôts totaux acquittés par LVMH, a-t-il précisé.

Il a également jugé que la France doit créer les conditions pour développer l'entreprenariat car "seuls les entrepreneurs peuvent créer des emplois".

> Travail de nuit: LVMH est directement concerné par ce sujet via sa marque Sephora qui possède un magasin sur l'avenue des Champs-Elysées et qui livre actuellement un bras de fer judiciaire sur ce sujet face à l'intersyndicale du commerce parisien, le Clic-P.

Il rappelle que les salariés qui "sont tous volontaires et bénéficient de 25%" de majoration de salaire "se sont vus refuser par une décision de justice la possibilité de travailler de 21h à 4h du matin".

"Un syndicat extérieur à Séphora, Clic-P, a fait un procès pour faire annuler le travail du soir. Cela est consternant d'autant plus que l'on me dit que ce syndicat agit non pas par des raisons idéologiques mais par des motivations purement financières qui lui ont déjà permis de gagner pratiquement 10 millions d'euros".

Un risque pour l'avenue. "Pour les touristes, venir sur les Champs Elysées et arriver dans un trou noir serait extrêmement démotivant. Ils vont aller à Londres, ou ailleurs et faire marcher les affaires d'un autre pays".

> Euro fort: Revenant sur les questions monétaires, il a évoqué l'euro fort qui est "un problème sérieux" pour LVMH, une entreprise qui exporte énormément, avec 90% de son chiffre d'affaires réalisé hors de France.

"Nous arrivons à gérer cela, car nous avons une flexibilité sur nos prix", assure-t-il toutefois. "Ce n'est pas le cas pour Airbus par exemple", a-t-il averti.

> Marketing: "Nous ne faisons pas de marketing", sourit Bernard Arnault. "Nous sommes dans un groupe de création, c'est nos innovations qui créent le marché, et non l'inverse", explique-t-il. "Nous créons, inventons et à partir de là, comme nos inventions sont assez réussies, le marché adhère".

En ce sens, il explique que LVMH "adore les start-ups". Il donne un exemple: Marc Jacobs. "Quand on a investi dans sa maison, en 1998, c'était une toute petite entreprise, au bord de la faillite, avec 20 millions de dollars de chiffre d'affaires. L'année dernière, il a realisé 1 milliard de dollars de chiffre d'affaires". "Nous avons réussi à transformer les idées de Marc Jacobs en produits qui se vendent sur toute la planète, c'est cela notre savoir-faire", se félicite-t-il.

>Stratégie: Bernard Arnault rappelle être à la tête de LVMH "depuis 1989" et estime que dans le monde du luxe "il faut toujours essayer d'être un petit peu à contre-courant". Il cite un proverbe chinois "seul un poisson mort navigue dans le sens du courant".

Il donne par exemple la transformation de la Chine pays "où le groupe a été pionnier" au début des années 90. "La marque Louis Vuitton est la marque la plus connue en Chine", assure-t-il avant d'affirmer qu'il faut toujours se remettre en question. Il faut "surtout penser à l'avenir et considérer que nous gérons une PME. Il faut considérer qu'on peut être en proie à des difficultés potentielles" et "voir comment parer à ces difficultés". Car "notre objectif n'est pas la rentabilité à court terme", a-t-il déclaré.

> Succession: Interrogé sur sa succession, Bernard Arnault explique avoir "la chance de travailler dans un groupe familial" avec "deux de mes enfants qui travaillent dans le groupe" mais "les responsaibilités dans le groupe se gagnent par la compétence et non par l'appartenance familiale", pondère-t-il.

J.M.