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Crise économique: les Français ne veulent pas remettre en question le temps de travail

Selon le nouveau Baromètre des Décideurs réalisé par Viavoice pour BFM Business, le Figaro et HEC Paris, les Français restent partagés sur la mise place d'accords de compétitivité pour aider les entreprises à traverser la crise du Covid-19. Surtout, une majorité estime que le temps de travail est un acquis social qui ne doit pas être remis en question.

Les Français ont le moral en berne. Selon le nouveau Baromètre des Décideurs réalisé par Viavoice pour BFM Business, le Figaro et HEC Paris, 70% d'entre eux estiment que le niveau de vie de la France se dégradera d'ici un an, soit deux points de plus qu'en mai dernier. Les décideurs ne sont pas plus optimistes : 71% d'entre eux partagent cet avis (-2 points par rapport à mai).

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De la même façon, 86% du grand public s'attend à une hausse du chômage, comme 85% des décideurs. Le gouvernement ne cache d'ailleurs pas son inquiétude pour la rentrée prochaine, sur ce plan. Signe que les mois seront difficiles : 84% des décideurs estiment que les entreprises vont effectivement licencier…

Quant aux mesures à adopter pour aider les entreprises, certaines restent encore controversées. A commencer par les fameux accords de compétitivité qui permettent aux entreprises de modifier les conditions de travail comme le temps de travail ou le salaire, pour sauver les emplois. Si les décideurs sont partagés (47% y sont favorables, 47% défavorables et 6% ne se prononcent pas), le grand public y est plus hostile : 49% des Français y sont opposés "car les entreprises peuvent en profiter alors même qu’elles n’ont pas de difficultés conjoncturelles" contre 40% qui y voient "un dispositif utile qui permet de sauvegarder des emplois et des compétences."

L'opposition est encore plus franche sur le temps de travail : 55% des Français refusent de toucher à cet "acquis social" (contre 51% des décideurs) contre 36% qui s'y raisonnent pour "améliorer la compétitivité" française.

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Enfin, sans surprise, les Français sont en grande majorité hostiles à une augmentation des impôts pour "partager la facture de la crise" avec l'Etat : 63% estiment que cela aurait un effet négatif sur la croissance, 23% y sont favorables uniquement pour les plus aisés, tandis que 9% d'entre eux acceptent une hausse de la fiscalité "si cela doit éviter à la France un endettement insoutenable."

Interviews effectuées en ligne du 10 au 15 juillet 2020 auprès de : 
- Un échantillon de 401 Décideurs représentatif de la population des cadres résidant en France métropolitaine Représentativité assurée par la méthode des quotas, appliquée aux critères suivants sexe, âge, secteur public ou secteur privé
- Un échantillon grand public de 1001 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine Représentativité assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants sexe, âge, profession de l’interviewé, région et catégorie d’agglomération