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Covid-19: 11% des salariés envisageraient de se faire prescrire un arrêt pour ne pas retourner au travail

Selon les chiffres dévoilés par Malakoff Humanis, l'appréhension du retour au travail pèse encore sur les Français alors que les arrêts de travail ont connu un pic pendant le confinement.

Télétravail, mesure sanitaires et… arrêts maladie. Depuis le confinement, les entreprises ont été confrontées à des salariés malades mais aussi à ceux touchés par un mal tout aussi sournois : l'anxiété face à la crise. Selon les chiffres dévoilés par Malakoff Humanis, le nombre d'arrêts maladie indemnisés a, sans surprise, augmenté pendant le confinement : 13% des salariés se sont vus prescrire un arrêt maladie pendant la seconde quinzaine de mars contre 8% pendant la première quinzaine. Les cas de Covid-19 sont d'ailleurs les premiers motifs des arrêts de travail sur la période (26% du total des arrêts en avril, 19% en juin).

Surtout, la pandémie a entrainé un pic des arrêts pour risques psycho-sociaux (RPS), "dépassant pour la première fois les troubles musculo-squelettiques (TMS)" indique l'étude. Ils représentaient jusqu'au à 14% des arrêts totaux sur la période mars-juin.

L'appréhension des salariés

L'appréhension face au monde du travail est d'ailleurs évidente pour les sondés. En juin dernier, 60% des salariés la ressentait, une statistique en hausse constante pendant le confinement.

"Parmi les raisons les plus fréquemment évoquées pour expliquer cette appréhension : l’application des mesures sanitaires (34%), la reprise d’un rythme de travail ordinaire (27%), le changement d’organisation du travail par rapport à l’avant confinement (23%), la reprise des transports en commun (16%, et 36% en région parisienne)."

Plus inquiétant encore, 11% des salariés envisageraient de se faire prescrire un arrêt pour ne pas retourner sur leur site de travail, indique l'étude de Malakoff Humanis. Soit parce qu'ils ont une maladie chronique, soit parce qu'ils craignent que les mesures de protection ne soient pas suffisantes sur leur lieu de travail habituel. De la même façon, certains ne veulent pas mettre en danger des proches souffrants.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business