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Coronavirus: les fournisseurs de la restauration inquiets pour leur survie

Le secteur a perdu 80 à 90% de son chiffre d'affaires

Le secteur a perdu 80 à 90% de son chiffre d'affaires - AFP

Depuis le 15 mars, les grossistes alimentaires ont perdu 80 à 90% de leur chiffre d'affaires en raison de la fermeture des restaurants et cantines scolaires.

Le commerce alimentaire de gros, qui assure plus de 70% de l'approvisionnement de la restauration hors domicile, s'est dit mardi "en très grande détresse" face à l'absence de perspective de reprise de son activité, les entreprises du secteur devant rester fermées au-delà du 11 mai.

Le commerce de gros livre quotidiennement non seulement la restauration commerciale (restaurants, hôtels, traiteurs, événements, distribution automatique...) mais également la restauration collective, privée et publique (cantines scolaires, universitaires, hospitalières...). 

16 milliards d'euros

Cette branche spécifique représente "un chiffre d'affaires de près de 16 milliards d'euros", précise dans un communiqué la CGI (Confédération française du commerce de gros et international), qui fédère 150.000 entreprises (dont 95% de PME) pesant environ 790 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel et employant près d'un million de salariés. Or, depuis le 15 mars, "c'est 80 à 90% de leur chiffre d'affaires qui s'est envolé, sans aucune possibilité de report vers d'autres canaux de distribution, compte tenu de la spécificité de leur activité", s'alarme la CGI.

Pour ces grossistes, l'absence de perspective de reprise de l'activité à échéance rapprochée, annoncée lundi soir par le président de la République, constitue "un véritable coup de massue". "Malgré les aides d'ores et déjà mises en place par le gouvernement, beaucoup d'entre elles n'y survivront pas", assène la CGI.

Dans ce contexte, le commerce de gros spécialisé dans la restauration hors domicile demande à être "pleinement associé au plan de soutien économique spécifiquement dédié au secteur de l'hôtellerie-restauration" actuellement en préparation. Les 1800 brasseurs indépendants de France qui disent avoir perdu "entre 80 et 100%" de leur chiffre d'affaires depuis le début du confinement, avec la fermeture des restaurants et l'annulation des festivals, ont également formulé la même demande mardi.

Plan spécifique

"Nous demandons au gouvernement que les brasseries indépendantes produisant moins de 200.000 hl soient intégrées d’urgence au plan spécifique en préparation", a indiqué Jean-François Drouin, le président de leur syndicat SNBI, dans un communiqué.

Le ministère de l'Economie a précisé que ce plan, annoncé lundi soir par Emmanuel Macron, ferait l'objet d'une réunion vendredi à Bercy. Il concernera des entreprises "en grande difficulté parce qu'elles n'ont pas de chiffre d'affaires, peu de perspectives de chiffre d'affaires dans les quatre mois qui viennent et une difficulté à faire face à leurs charges fixes", a déclaré la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, mardi à l'Assemblée nationale.

"L'absence de perspective de reprise de l'activité à brève échéance engage la survie de nos entreprises, autant que celle de l'hôtellerie-restauration", estime Philippe Barbier, le président de la CGI, cité dans le communiqué, car "c'est toute une filière qui est en danger".

Pour l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), le principal syndicat du secteur, ce maintien de la fermeture des cafés, hôtels et restaurants au-delà du 11 mai constitue le "pire des scénarios possibles" et une "catastrophe économique".

P.L avec AFP