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Coronavirus: ces groupes français poussés vers la faillite ou la restructuration

En difficulté financière, Renault veut supprimer au total 15.000 emplois dans le monde, dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans.

En difficulté financière, Renault veut supprimer au total 15.000 emplois dans le monde, dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans. - Martin Bureau - AFP

Automobile, transport aérien, prêt-à-porter... le confinement a accentué les difficultés de plusieurs grandes entreprises déjà fragiles ou fait basculer certains groupes dans le rouge.

La crise du coronavirus a précipité plusieurs entreprises françaises, dont certaines étaient déjà en difficultés, dans des faillites ou restructurations lourdes de conséquences pour l'emploi.

Automobile

Renault, en difficulté financière, prévoit la suppression d'environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4600 en France, dans le cadre d'un plan d'économie de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans. 

Quatre sites français devraient être affectés: Caudan (Morbihan), Dieppe (Seine-Maritime), Maubeuge (Nord) et Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) qui sera fermé à l'horizon 2022. Le projet inclut aussi l'arrêt de la production automobile à Flins (Yvelines) après 2024.

Le constructeur de poids-lourds Renault Trucks a annoncé la suppression de 463 emplois parmi ses cols blancs.

Aéronautique

Selon les Echos, "le plan de reconstruction d'Air France (...) devrait compter de 8000 à 10.000 suppressions d'emplois, soit 15% à 20% des effectifs". Le chiffre qui recouvrirait des suppressions de postes sur la base du volontariat, n'a pas été confirmé par la direction. 

Airbus prépare ses salariés à des décisions "amères" et pourrait annoncer des réductions d'effectifs, d'ici fin juillet. 

Ameublement

L'enseigne Alinéa (2000 salariés), basée à Aubagne (Bouches-du-Rhône) est en redressement judiciaire depuis le 13 mai. 

Conforama, en grande difficulté depuis plusieurs mois, a subi la crise de plein fouet sans pouvoir obtenir un prêt garanti par l'Etat. But prévoit de reprendre Conforama, ses 8000 salariés et ses 165 magasins en France. Il s’est engagé à assumer et payer les 150 millions d’euros de factures auprès des fournisseurs, dont un tiers sont français. But s’est aussi engagé à financer le plan de départs de 1900 salariés annoncé l’an passé dont le coût atteint 116 millions d’euros.

Médias

La maison-mère de BFMTV, BFM Business et RMC, NextRadioTV (1600 salariés), veut supprimer 330 à 380 CDI et jusqu'à 200 pigistes et intermittents. La filiale du groupe Altice avait annoncé mi-mai un "plan de transformation et de reconquête post-Covid" prévoyant de réduire la voilure dans le sport et le divertissement. Pénalisée par l'arrêt des grandes compétitions sportives, la chaîne d'information sportive RMC Sport News ) s'est arrêtée le 2 juin.

Reworld Media, propriétaire de Grazia depuis 2019, veut supprimer 31 postes et cesser la parution hebdomadaire du magazine.

Chaussures et vêtements

La marque de prêt-à-porter masculin Celio (4000 salariés dans le monde) a demandé le 22 juin à être placée sous procédure de sauvegarde faute d'accord avec ses banques. La fermeture de ses 1585 magasins dans le monde a entraîné une perte de chiffre d'affaires de près de 100 millions d'euros entre mars et mai. 

L'enseigne de chaussures et vêtements La Halle (Vivarte, 5.391 salariés en France), est placée en redressement judiciaire depuis le 2 juin. Le groupe Vivarte a reçu 25 offres de reprise partielle ce qui permettrait de sauver théoriquement jusqu'à 607 magasins sur 830.

L'enseigne de chaussures du groupe Spartoo André (600 salariés) a été mise en redressement judiciaire début avril après avoir dû fermer ses magasins et perdu près de 4 millions d'euros les deux dernières semaines de mars.

Naf Naf (1.170 salariés), placé en redressement judiciaire le 15 mai, va être racheté par le groupe industriel SY qui s'est engagé à conserver 75% des emplois en France.

Camaïeu: l'entreprise de prêt-à-porter (3.900 salariés, 634 magasins) a été mise en redressement judiciaire le 26 mai avec une période d'observation de six mois. Le gouvernement dit chercher un repreneur.

Le fabricant jurassien de lunettes L'Amy (120 salariés) a été placé le 2 juin en redressement judiciaire.

Loisirs

La direction de TUI France, premier opérateur touristique du pays, a annoncé le 17 juin vouloir supprimer jusqu'à 583 postes, soit les deux tiers de ses effectifs.

Le groupe de médias numériques Webedia, filiale du groupe Fimalac dirigé par Marc Ladreit de Lacharrière, qui compte une cinquantaine de sites et d'applications dédiés au divertissement et aux loisirs a préparé un plan de départs volontaires de 80 à 90 personnes.

Thomas Leroy avec l'AFP