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Casino-Carrefour : bataille de communiqués inédite

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Casino affirme avoir été sollicité par Carrefour pour un « rapprochement », Carrefour dément et dénonce des "insinuations inacceptables".

C'est en pleine nuit ce lundi 24 septembre que Casino publie un communiqué dans lequel le groupe affirme avoir été « sollicité depuis quelques jours par Carrefour en vue d’une tentative de rapprochement » et avoir réuni son conseil d'administration qui a « décidé à l'unanimité de ne pas donner suite à cette approche ». Casino se dit prêt à « mener toutes les actions nécessaires pour défendre l'intérêt social et l'intégrité du groupe », le groupe observe également que ces manœuvres ont eu lieu « alors que le marché du titre Casino a fait l'objet de manipulations spéculatives coordonnées à la baisse d'une ampleur inédite depuis plusieurs mois ».

Réponse cinglante de Carrefour quelques heures plus tard : le groupe dit s’étonner « que l'on ait soumis au conseil d'administration de Casino une proposition de rapprochement qui n'existe pas » ; Carrefour ajoute que « les difficultés auxquelles sont confrontées le groupe Casino et son actionnaire de contrôle ne peuvent justifier des communications intempestives, trompeuses, et dénuées de tout fondement ». Le groupe d’Alexandre Bompard « examine les voies de droit à sa disposition à même de faire cesser ces insinuations inacceptables ».

Interrogée, l'Autorité des marchés financiers (AMF) s'est refusée à tout commentaire.

Compte-tenu de l'ampleur des chantiers en cours chez Carrefour - qui a entamé un vaste plan de transformation pour se redresser - et des obstacles que présenterait une telle opération en matière de concurrence et d'emplois, les investisseurs accordent peu de crédit à une volonté de rapprochement de la part de Carrefour. À 12h30, le titre Casino cédait 0,28% à 35,94 euros, tandis que celui de Carrefour gagnait 0,12% à 16,60 euros.

Une rencontre entre les dirigeants de Carrefour et Casino a en outre bien eu lieu. C'était le 12 septembre dernier, pour discuter des opportunités qui pourraient s'offrir aux deux groupes, ont déclaré à Reuters deux sources proches du dossier. Pour certains observateurs, Alexandre Bompard, PDG de
Carrefour, a pu vouloir « tester l'eau » et voir si son homologue Jean-Charles Naouri était prêt à vendre certains actifs comme Monoprix, sa chaîne la plus rentable.

Un scénario de rapprochement entre les deux groupes semble « très peu
probable » à Bruno Monteyne, analyste de Bernstein, qui évoque
« beaucoup de bruit inutile » à propos de ces communiqués
successifs. « Compte-tenu des gros problèmes de concurrence que cela
poserait, ça semble étrange », a-t-il dit à Reuters, rappelant
que Casino et Carrefour dominent à 72% le marché français de la
proximité et qu'au Brésil aussi, ils seraient obligés de céder
beaucoup de magasins.

la rédaction avec Reuters