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Carlos Ghosn: des parlementaires demandent son rapatriement et son procès en France

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- - Kazuhiro NOGI / AFP

Des parlementaires, majoritairement de droite et du centre, plaident pour que Carlos Ghosn, l'ancien patron déchu de Renault-Nissan, soit rapatrié et jugé en France.

Ils sont une vingtaine. Une vingtaine de parlementaires, majoritairement de droite et du centre, dont le nouveau président du parti Les Républicains Christian Jacob, signent une tribune dans le Journal du Dimanche. Ils plaident pour que Carlos Ghosn soit rapatrié et jugé dans l'Hexagone. 

"Nous demandons à l'État français de mettre tout en oeuvre afin que Carlos Ghosn soit rapatrié en France pour y être jugé dans le cadre d'un procès équitable", écrivent-ils. 

Parmi les signataires figurent Christian Jacob, député de Seine-et-Marne et président de LR, Gérard Longuet, sénateur de la Meuse, Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et président de l'UDI, ainsi que Bruno Retailleau, sénateur de Vendée. Y figure également Anne Genetet, députée LREM des Français établis hors de France et seule représentante du parti présidentiel.

"Carlos Ghosn n'est ni au-dessus des lois, ni redevable d'une justice d'exception, mais il a droit à la justice. Or, depuis le début de l'affaire, les traités internationaux sur les droits de l'Homme que le Japon, pays membre du G7 a ratifié, ont été violés à plusieurs reprises", pointent les signataires.

Les signataires dénoncent un "acharnement judiciaire évident"

Ils dénoncent "la longueur et la brutalité" de la détention de Carlos Ghosn, doublées d'un "acharnement judiciaire évident dans un pays où l'aveu est au coeur du système pénal et 99,4 % des inculpés sont condamnés".

Selon eux, "il ne fait désormais plus de doute que ce qui se joue est avant tout l'épisode d'une guerre économique, qui vise, par tous les moyens, à se défaire de la tutelle française sur Nissan. En effet, la feuille de route de Carlos Ghosn avant son retrait des affaires était connue depuis le début de l'année 2018 : il s'agissait de procéder à davantage d'intégration entre les constructeurs, ce dont les Japonais ne voulaient pas".

"La manière dont ce refus s'est incarné a tout d'une stratégie à la Gribouille puisque, au bout du compte, il n'y aura eu dans cette affaire que des vaincus ainsi que l'attestent la chute des résultats et la perte de valeur des deux entreprises de plusieurs milliards d'euros", jugent les signataires.

Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre 2018 au Japon. Il est notamment accusé d’avoir fourni des déclarations inexactes de ses revenus entre 2010 et 2018, et d’avoir fait couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008. Carlos Ghosn est également soupçonné de détournements de fonds via Oman à des fins personnelles. 

L'ancien PDG de Renault a passé 130 jours en détention à Tokyo avant d'être incarcéré une nouvelle fois pendant trois semaines. Carlos Ghosn a été libéré sous caution le 25 avril. Il est depuis soumis à un contrôle judiciaire très strict, assigné à résidence à Tokyo, avec interdiction de voir son épouse et de la contacter. Des conditions dénoncées par ses avocats.

La première audience publique du procès de Carlos Ghosn devrait avoir lieu en avril 2020 au Japon.

Sandrine Serais