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Carlos Ghosn dénonce «un complot» des dirigeants de Nissan

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- - AFP

L’ex-PDG de Renault a accordé sa première interview au journal japonais Nikkei, depuis son arrestation le 19 novembre dernier.

Renault a tourné la page de l’ère Ghosn. Mais depuis sa cellule de Tokyo, l’ancien patron du constructeur français continue de se battre pour obtenir sa liberté. Dans une interview accordée au journal japonais Nikkei, la première depuis son arrestation le 19 novembre dernier, Carlos Ghosn a ouvertement attaqué les dirigeants de Nissan.

Selon lui, il ne fait « aucun doute » que les accusations portées à son encontre sont le résultat d'un « complot et d'une trahison ». Dans son viseur, le PDG de Nissan Hiroto Saikawa. « Il y avait un plan d'intégration » de Renault et de ses deux alliés japonais (Nissan et Mitsubishi) reconnait Carlos Ghosn. Mais les dirigeants de Nissan auraient montré des signes de réticences, craignant une trop forte concentration des pouvoirs autour du patron de l’alliance. Le constructeur japonais a rapidement réagi, en rappelant que M. Saikawa avait « déjà catégoriquement réfuté la notion de ‘coup d'Etat’ ».

« Tout monde était au courant »

Interrogé sur sa présidence, Carlos Ghosn a rejeté toute idée de « dictature » sous sa présidence, soulignant qu’il avait mis en place un « leadership fort » au sein de l’alliance. Il balaye aussi les accusations d’abus de confiance et notamment le caractère illégal du paiement de 14,5 millions d'euros pour l'homme d'affaires saoudien Khaled al-Juffali. « La réserve du PDG n'est pas une caisse noire » a-t-il expliqué. Même constat pour les fameuses résidences de luxe, achetées sur les fonds de Nissan, « validées par le service juridique » pour « travailler et recevoir des invités ».

« Ai-je commis quelque chose de répréhensible ? Je ne suis pas un juriste. Je ne comprends pas l’interprétation que l’on donne de ces actes », assure-t-il. « Tout monde était au courant. Alors, pourquoi ne m’a-t-on rien dit si j’ai mal agi ? »

Interrogé sur sa santé, Carlos Ghosn s’est montré combattif. « Je ne fuirai pas, je me défendrai » a-t-il martelé, soulignant néanmois que le combat était inégal. « Toutes les preuves sont chez Nissan, et Nissan interdit aux employés de me parle. »