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Brexit : le X-Trail de Nissan ne sera plus produit en Angleterre

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- - Martin Bureau - AFP

Nissan a annoncé renoncer à produire l’un de ses modèles, le crossover X-Trail, dans son usine de Sunderland, sa plus grande implantation en Europe, évoquant indirectement le Brexit.

"Nous avons pris cette décision pour des raisons économiques, mais l'incertitude persistante autour des futures relations du Royaume-Uni avec l'UE n'aide pas des entreprises comme la nôtre à planifier l'avenir", a déclaré Gianluca de Ficchy, le président de Nissan Europe.

Dans un communiqué, Nissan a scellé l'avenir de son X-Trail. Le constructeur japonais va donc renoncer à produire l’un de ses modèles dans son usine de Sunderland, sa plus grande implantation en Europe.

Cette annonce constitue un nouveau coup dur pour l'industrie automobile au Royaume-Uni, confrontée à une chute de près de moitié des investissements en 2018 en raison notamment des incertitudes liées au Brexit, selon l'Association des constructeurs et des vendeurs automobiles (SMMT).

L'économie de Sunderland, ville côtière de 275.000 habitants qui a voté à 61 % en faveur du Brexit en juin 2016, s'articule autour de la gigantesque usine automobile de Nissan, la plus grande jamais édifiée au Royaume-Uni.

Comme Dyson...

Le site, ouvert en 1986, emploie plus de 7000 personnes et sort 500.000 véhicules par an, dont 55 % sont exportés vers l'UE, sans droits de douane. Ce qui pourrait changer si le Royaume-Uni rompt avec les 27 sans accord.

Censé quitter l'UE le 29 mars, le Royaume-Uni est dans le flou quant à la forme que prendra le Brexit, les députés britanniques ayant massivement rejeté le 15 janvier l'accord de divorce négocié avec Bruxelles par la Première ministre, Theresa May, qui tente depuis de rouvrir les négociations sur le texte avec Bruxelles.

En cas de sortie de l'UE sans accord, les relations économiques entre l'UE et le Royaume-Uni seraient régies par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), bien moins avantageuses que le dispositif actuel, basé sur la libre circulation des biens.

L'annonce de Nissan intervient au moment où une série de mauvaises nouvelles accable déjà l'économie britannique. Fin janvier, Airbus a averti de décisions "très douloureuses" en cas de Brexit sans accord, tandis que le géant de l'électronique japonais Sony a décidé de déménager son siège européen hors du pays vers les Pays-Bas.

Un autre groupe technologique, Dyson, a aussi fait part de son intention de déplacer son siège de l'Angleterre vers Singapour - même s'il a assuré que cette décision n'était pas liée au Brexit.

La rédaction avec AFP