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BP installe un dôme de confinement pour endiguer la marée noire

Les ingénieurs de BP ont entamé vendredi la mise en place d'un dôme de confinement en acier afin de pomper le pétrole qui s'écoule dans le golfe du Mexique depuis le naufrage d'une plateforme de forage. /Photo prise le 6 mai 2010/REUTERS/Gardes-côtes amér

Les ingénieurs de BP ont entamé vendredi la mise en place d'un dôme de confinement en acier afin de pomper le pétrole qui s'écoule dans le golfe du Mexique depuis le naufrage d'une plateforme de forage. /Photo prise le 6 mai 2010/REUTERS/Gardes-côtes amér - -

VENICE, Louisiane - Les ingénieurs de BP ont entamé vendredi la mise en place d'un dôme de confinement en acier afin de pomper le pétrole qui...

par Erwin Seba

ROBERT, Louisiane (Reuters) - Les ingénieurs de BP ont procédé vendredi à la mise en place d'un dôme de confinement en acier afin de pomper le pétrole qui s'écoule dans le golfe du Mexique depuis le naufrage d'une plate-forme de forage.

L'installation de ce dôme en forme d'entonnoir, seul espoir pour BP d'endiguer à court terme la marée noire qui menace la région, vise à récupérer le brut à 1.500 mètres de profondeur et l'expédier vers un navire de forage capable de traiter 15.000 barils par jour.

Le dispositif devrait être opérationnel lundi, le temps de procéder aux différentes connexions nécessaires au pompage du brut et à son acheminement à la surface de l'eau.

Mais cette structure n'a jamais été testée à une telle profondeur, où sa mise en place nécessite le concours de robots contrôlés à distance, avec de forts courants marins et sous haute pression.

Rien ne garantit que l'initiative sera couronnée de succès, a prévenu le directeur général de BP, Tony Hayward. "Le niveau de pression et les températures sont très différentes, nous ne pouvons donc être sûrs que cela fonctionnera", a-t-il dit à la chaîne CNN.

BP procède parallèlement au forage d'un puits d'appoint mais les travaux pourraient prendre jusqu'à trois mois.

La marée noire provoquée par le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, le 22 avril à une soixantaine de kilomètres des côtes de Louisiane, fait peser un risque de catastrophe naturelle dans la région.

L'équivalent de 5.000 barils de pétrole s'écoule en mer chaque jour depuis lors, d'après l'Agence fédérale océanique et atmosphérique (NOAA).

Mais Ian MacDonald, océanographe à l'université de Floride, juge ces estimations trop faibles et pense pour sa part que l'ampleur de la catastrophe est déjà supérieure à la marée noire de l'Exxon Valdez, en 1989.

"Nous sommes convaincus que le rythme de propagation de pétrole est bien supérieur à 5.000 barils par jour", a-t-il dit dans une interview accordée à l'agence Reuters, avançant un chiffre cinq fois supérieur.

"TRÈS GRANDES ERREURS"

Les autorités américaines ont élargi vendredi la zone d'interdiction de pêche, qui représente désormais 4,5% des eaux fédérales dans le golfe du Mexique, contre 3% lors de l'entrée en vigueur de la mesure, dimanche dernier.

Du pétrole a atteint pour la première fois les côtes jeudi sur une plage de l'île de Freemason, dans l'archipel des Chandeleur, au large de la côte sud-est de la Louisiane.

Dans le même temps, les autorités américaines ont accru leurs critiques envers la compagnie, dont ils veulent s'assurer qu'elle assumera ses responsabilités face à ce qui pourrait être la pire marée noire de l'histoire américaine.

Après une réunion avec la direction de BP à Houston, le ministre de l'Intérieur, Ken Salazar, a dénoncé de "très grandes erreurs" de la part de l'entreprise et de ses partenaires, se refusant toutefois à dire si cela concernait des faits précédant ou suivant l'explosion de la plateforme.

"Font-ils tout leur possible ? Je l'espère. Je veux m'assurer que c'est le cas", a-t-il dit à la presse.

Il a répété que l'administration Obama ne délivrerait pas de nouvelle autorisation de forage en mer avant que les experts désignés par Barack Obama ne lui aient rendu leurs conclusions, le 28 mai.

L'essentiel de la nappe de pétrole reste pour l'instant à distance des côtes mais le delta du Mississippi, le Breton Sound au nord et les environs des îles Chandeleur pourraient voir leurs côtes souillées dans les prochains jours.

Le temps risque d'y contribuer puisque le service national de météorologie prévoit un renforcement des vents jusqu'à 37 km/h d'ici samedi soir ou dimanche matin.

Avec Matthew Bigg et les rédactions de Houston et Miami, Grégory Blachier et Henri-Pierre André pour le service français