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Baisse des tarifs dans la téléphonie: bon plan ou arnaque ?

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SFR, qui annonce ce mardi une forte baisse du prix de ses forfaits de téléphonie, ouvre le bal d'une vague de diminution des tarifs chez tous les opérateurs. L'arrivée de Free sur le marché, début 2012, les inquiète. Mais le consommateur sera-t-il vraiment gagnant ?

On se demandait lequel des trois opérateurs historiques de téléphonie déciderait le premier de casser ses prix. C'est finalement SFR, qui fait ce mardi une annonce choc: une baisse de 35 à 45% du tarif de plusieurs de ses abonnements. Et selon toute vraisemblance, ses concurrents Bouygues et Orange ne tarderont pas à lui emboîter le pas dans les semaines à venir.

Abonnement à petit prix, mais téléphone beaucoup plus cher

Des chiffres spectaculaires qui, à coup sûr, entraîneront pour les clients une réelle diminution de la facture mensuelle. Mais à condition d'avoir déjà un téléphone. En effet, la baisse des prix chez SFR concernera uniquement les forfaits sans appareil. Alors qu'actuellement, lorsqu'on s'engage pour 12 ou 24 mois, on paie assez peu cher son nouveau portable, ce sera désormais l'inverse. Un iPhone 4, par exemple, ne coûtera plus 130 euros en cas de renouvellement ou d'abonnement en forfait illimité SFR, mais son « vrai » prix, à savoir 630 euros environ. Il conviendra donc de bien évaluer l'économie réalisée chaque mois en abonnement, par rapport à la dépense que constituera l'achat d'un mobile lorsqu'on souhaitera en acquérir un nouveau. Afin de ne pas perdre d'argent, il faudra ainsi accepter de conserver son portable... au moins quelques années.

Les opérateurs inquiets de l'arrivée de Free

Avant SFR, Numéricable avait déjà lancé il y a trois semaines une formule inédite. Un abonnement mobile universel (compatible sur tous les téléphones, débloqués ou non) à 25 euros par mois sans aucune limitation du temps d'appel. Mais l'offre est strictement réservée aux clients Internet de l'opérateur et n'inclut pas de mobile. Malgré tout, ce type de tarifs constitue une vraie révolution, lorsqu'on sait qu'un forfait illimité coûte généralement 3 ou 4 fois plus cher. Sous peu, Orange et Bouygues devraient eux aussi se lancer dans la course. Cette soudaine générosité s'explique principalement par l'arrivée de Free sur ce marché. Le fournisseur d'accès internet, habitué à casser les prix, deviendra début 2012 le quatrième opérateur dit « réel » (c'est-à-dire disposant d'une infrastructure de réseaux, contrairement aux opérateurs dits « virtuels »). Ses rivaux ont tout intérêt à lui couper l'herbe sous le pied.

La Rédaction et Y. Abback