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Société Générale a perdu 1,26 milliard d'euros au deuxième trimestre

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- - JEAN AYISSI / AFP

Le groupe bancaire, plombé par le Covid, a annoncé lundi avoir subi une perte nette trimestrielle d'un montant supérieur au bénéfice affiché l'an passé sur la même période.

Société Générale dans le rouge. Conséquence d'une hausse de ses provisions pour risques de crédits et d'effets exceptionnels liés à la crise du Covid-19, le groupe bancaire affiche une perte nette de 1,26 milliard d'euros, à comparer avec un bénéfice d'un peu plus d'un milliard sur la même période en 2019.

La publication de Société Générale pour le deuxième trimestre intervient après celle de BNP Paribas, qui a dévoilé vendredi un bénéfice net trimestriel certes en recul, mais atteignant 2,3 milliards d'euros. "Ce trimestre a été fortement impacté par la crise sanitaire mondiale du Covid-19 et ses répercussions économiques", et ce en dépit d'un redémarrage constaté de l'activité "depuis mi-mai", souligne la Société Générale dans son communiqué.

Crise économique oblige, l'activité commerciale a été fortement ralentie entre avril et fin juin: le produit net bancaire, équivalent peu ou prou du chiffre d'affaires, a dégringolé de presque 16% à 5,3 milliards d'euros. Le ralentissement a touché la plupart des grands métiers du groupe, à l'exception notable de la gestion d'actifs et banque privée, ainsi que des activités de financement et de conseil.

Surtout, la banque au logo rouge et noir a, comme la plupart des autres acteurs du secteur, considérablement augmenté ses provisions pour faire face à d'éventuels accidents de crédit, encore non avérés mais susceptibles de se produire en cas de dégradation de la conjoncture. Ces mises en réserve se sont chiffrées à 653 millions d'euros.

Bénéfice de 70 millions d'euros

Dans ce contexte, le coût du risque, l'indicateur qui mesure l'évolution globale des provisions, a quadruplé, passant de 314 millions d'euros au deuxième trimestre 2019 à presque 1,3 milliard sur la même période en 2020. Le groupe a par ailleurs inscrit dans ses comptes deux grosses dépréciations: l'une de près de 700 millions d'euros concerne essentiellement certains actifs de marchés, et l'autre, de 650 millions, est liée aux effets de la crise sur certaines réductions d'impôts dont la banque pourrait bénéficier à l'avenir.

En gommant les divers effets exceptionnels, le groupe explique terminer le deuxième trimestre sur un bénéfice de 70 millions d'euros, contre 1,35 milliard un an plus tôt.

J. B. avec AFP