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Sapin: "la France souffre du niveau trop élevé de l'euro"

Michel Sapin veut poursuivre les réformes pour redresser la compétitivité française.

Michel Sapin veut poursuivre les réformes pour redresser la compétitivité française. - -

Auditionné par les députés sur le programme de stabilité, Michel Sapin a jugé, ce mercredi 23 avril, que la parité actuelle de la monnaie unique fait souffrir la France et ses partenaires européens. Il a estimé que l'action de la BCE est "une chance", qu'il faut "saisir".

L'offensive du gouvernement face à l'euro fort se poursuit. Après Arnaud Montebourg et Manuel Valls, c'est au tour du ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin de critiquer le niveau de la monnaie unique.

Auditionné par les députés dans le cadre de la présentation du programme de stabilité, Michel Sapin a ainsi déclaré que "la France (et ses partenaires) souffrent d'un niveau trop élevé de l'euro".

Il a également rappelé que la Banque centrale européenne (BCE) s'était dite "prête à injecter des liquidités" pour empêcher l'euro de grimper davantage. "C'est une chance que nous devons saisir", a-t-il affirmé. Le ministre des Finances a toutefois assuré que le niveau actuel de la devise européenne "ne devait pas être une excuse" pour éviter d'engager des réformes renforçant la compétitivité française.

La BCE, une alliée pour la France?

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi avait surpris, le 14 avril dernier à Washington, en déclarant que "si nous voulons que la politique monétaire reste aussi accommodante qu'elle l'est aujourd'hui, une poursuite de l'appréciation du taux de change [de l'euro] pourrait nécessiter une action monétaire". Des propos assez inhabituels pour le patron de la BCE qui jusqu'ici évitait de s'étendre sur la question du taux de change.

Dans une interview au Monde de ce mercredi, Benoît Coeuré, le membre français du directoire de la BCE, confirmait les propos de Mario Draghi tout en soulignant que "la fascination pour le taux de change est une passion française, unique en zone euro".

"Le fait que la France est un des seuls pays de la zone dont les comptes extérieurs sont dans le rouge n'y est sans doute pas étranger", ajoutait-il.

Des préoccupations différentes

De fait, l'euro fort inquiète la BCE en raison surtout des dommages collatéraux sur l'inflation. Le 6 mars, Mario Draghi avait révélé que, selon les calculs de la BCE, l'euro fort avait influencé l'inflation à hauteur de 0,4% entre la mi-2012 et mars 2014.

A l'inverse, le gouvernement français déplore que le niveau de la monnaie unique handicape les exportations tricolores, pesant ainsi sur son déficit commercial.

Actuellement à 1,384 dollar, l'euro a déjà connu des sommets nettement supérieurs à son cours actuel. Il avait notamment franchi la barre des 1,50 dollar à l'automne 2010.

Julien Marion avec AFP