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Orages, grêles, inondations: êtes-vous bien assurés?

Alors que se poursuit cette semaine l'épisode orageux et son cortège de vents, de grêle et de pluies, si vos biens sont victimes de ces intempéries, voici comment et dans quel cas vous pourrez être indemnisés par votre assureur.

Maisons inondées, toitures dévastées ou véhicules endommagés: l'épisode orageux passé et qui se poursuit cette semaine a déjà causé son lot de dégâts chez les particuliers, comme à Morlaix (Finistère). Le premier réflexe des victimes de ces intempéries est de vérifier si ces dommages peuvent être indemnisés par les assurances et dans quelles conditions.

Les contrats des assureurs s'adaptent en fonction du type de bien assuré (maison, voiture,...) et de l'intempérie ayant causé les dégâts.

  • dégâts causés par la grêle ou le vent violent. L'assurance multirisques habitation contient une garantie tempête-grêle-neige qui couvre tous les dommages causés par la grêle (toit endommagé, mobilier détérioré par la pluie ou la grêle suite à un dommage de toiture…), explique-ton à la fédération française de l'assurance (FFA). De même, la garantie tempête "couvre tous les dommages causés par le vent: chute d'arbre, toit endommagé ou arraché, mobilier détérioré par la pluie suite à un dommage de toiture, etc." précise-t-on à la FFA.

La maison ou le bâti sont couverts mais pas forcément les dépendances de la maison (garage extérieur ou abris de jardin), la piscine ou la clôture en dur, etc... Ils ne sont en général assurés que s'ils sont mentionnés dans le contrat. 

Si c'est un véhicule garé à l'extérieur qui est abîmé par la grêle, pour la carrosserie, l'assurance auto prendra en charge les dégâts si une garantie dommages tous accidents a été souscrite. En revanche, le véhicule ne sera pas couvert dans le cas d'une assurance aux tiers. Pour les parties vitrées détériorées par la grêle, la garantie bris de glaces jouera. Une franchise variable selon les contrats pourra être appliquée aux dégâts causés à la carrosserie ou aux parties vitrées.

  • dégâts causés par la foudre. Si vos dommages sont liés à la chute directe de la foudre sur votre habitation, "ils pourront être pris en charge par la garantie incendie ou dégâts électriques de votre contrat multirisques habitation" explique la fédération française de l'assurance. Autrement dit, en cas de départ de feu, c'est la garantie incendie qui joue.

Pour être indemnisé des dégâts indirects causés par la foudre comme la destruction d'un appareil électrique (télévision, ordinateur) causée par la surtension due à la foudre, il faudra disposer de la garantie dommages électriques spécifique, qui est optionnelle.

  • dégâts causés par les inondations. La déclaration de catastrophe naturelle est nécessaire pour les dégâts causés par une inondation liée à un déluge de pluie (ruissellements, refoulement d'égouts) provoqué par un orage violent comme ce fut le cas à Morlaix en Bretagne, le dimanche 3 juin 2018. Dans les communes décrétées en état de catastrophe naturelle, les dommages matériels provoqués par les inondations peuvent être pris en charge au titre de la garantie catastrophes naturelles dans les limites et conditions des contrats d'assurance de dommages (multirisques habitation, entreprise, automobile…) souscrits. Tous les contrats ont une garantie catastrophe naturelle. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle permet de plafonner la franchise applicable: soit 380 euros pour les habitations et les biens qui n’ont pas un usage professionnel.

Concernant le mobilier endommagé dans l'habitation à la suite d'un orage, il est assuré dans les mêmes termes que pour un incendie. Certains contrats prévoient des remboursements en valeur à neuf, d'autres appliquent des coefficients de vétusté.

En cas de dommages liés aux conséquences d'un orage, il convient de contacter son assureur sans attendre, par courrier recommandé, téléphone ou mail. Vous disposez d'un délai de cinq jours pour effectuer votre déclaration de sinistre et de 10 jours en cas d'arrêté de catastrophe naturelle, après sa publication au J.O.

De même, il est conseillé de prendre des photos des dégâts avant de prendre les mesures de sauvegarde et de réunir tous les factures relatives aux biens endommagés. "Si vous réparez vous-même une partie ou la totalité des dommages, conservez vos factures d'achat de matériaux : elles seront prises en compte par votre assureur", explique la fédération française de l'assurance.

Les viticulteurs de plus en plus tentés de s'assurer contre les intempéries

"Après le gel de l'année dernière, on a voté l'assurance aléas climatiques obligatoire pour tous les adhérents", se félicite Stéphane Héraud, président des Vignerons de Tutiac, après les violents orages qui ont touché samedi 24 mai 2018 près de 7100 hectares de vignes en Gironde, soit 5% du vignoble bordelais.

"Grâce à l'assurance, le viticulteur n'a aucun risque financier. Le seul souci, ce sont les pertes de marchés, mais on peut compenser avec des achats de raisins auprès de viticulteurs qui n'ont pas subi la grêle, on va passer le cap comme ça", explique Stéphane Héraud, lui même vigneron à Marcillac (Gironde) et touché à 80% par la grêle. Pour lui, l'assurance est encore la meilleure protection contre cet aléa climatique: les canons anti-grêle et autres dispositifs sont trop chers et pas assez performants, juge-t-il.

Avec une franchise de 10%, contre 30% normalement, et une bonne couverture pour la grêle, l'assurance multirisque climatique a été négociée à Tutiac grâce à une coopérative nombreuse et fortement motivée après les dégâts provoqués par le gel en avril 2017. Quelque 60.000 hectares avaient été endommagées en Gironde, réduisant de 40% la récolte.

Seuls 25 à 30% des vignerons girondins avaient souscrit l'année dernière une assurance multirisque, qui coûte en moyenne 150 euros par hectare une fois déduites les aides européennes. S'ajoutent ceux qui ont pris une assurance individuelle juste pour la grêle, dont les épisodes sont beaucoup plus récurrents que ceux du gel. BFMBusiness avec AFP

Frédéric Bergé