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Manipulation des changes: les banques feront payer les traders

Les banques comptent redorer leur blason en mettant à contribution leurs traders pour payer les amendes qui leur ont été infligées.

Les banques comptent redorer leur blason en mettant à contribution leurs traders pour payer les amendes qui leur ont été infligées. - Communauté européenne

Les cinq grandes banques sujettes à plusieurs millions de dollars d'amende pour avoir joué un rôle dans le scandale de la manipulation des changes envisagent de mettre leurs cambistes à contribution.

Les cambistes de cinq des plus grandes banques mondiales devraient voir fondre leur rémunération. Condamnées pour avoir manipulé les taux de change, ces établissements de renom envisagent de récupérer les bonus des cambistes.

Elles pourraient récupérer les millions de dollars de bonus versés à leurs cambistes, une disposition prévue par la loi mais jamais appliquée à si grande échelle, a révélé samedi le Financial Times.

Royal Bank of Scotland (RBS), Citigroup, HSBC, JPMorgan Chase et UBS, comptent sur cette manœuvre pour redresser une image écornée par ce nouveau scandale de manipulation, après les affaires du Libor et de l'Euribor. Elles ne récupéreront les bonus de dizaines de traders qu'"après examen des comportements individuels", selon des sources proches du dossier citées par le FT.

Seuls les bonus pas encore encaissés concernés

RBS pourrait même réduire l'enveloppe globale des primes versées aux traders de sa banque de financement et d'investissement cette année, poursuit le journal.

UBS a reconnu que "là où des fautes seront constatées, notre politique de reprise et non-paiement (des bonus) prendra effet". La banque suisse a expliqué que cette mesure concernait les bonus payés en différé, qui n'ont donc pas encore été encaissés, sans donner de détails sur les montants et le nombre d'employés concernés.

La semaine dernière, ces cinq banques ainsi que Bank of America se sont vues infliger environ 3,3 milliards d'euros d'amende par les régulateurs britannique, américain et suisse, qui leur reprochent de s'être concertées afin d'infléchir un taux de référence du marché des changes.

N.G. avec AFP