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Les Européens font un (petit) pas de plus vers l'achèvement de l'Union bancaire

Les ministres des Finances allemand et français, Olaf Scholz et Bruno Le Maire.

Les ministres des Finances allemand et français, Olaf Scholz et Bruno Le Maire. - Emmanuel Dunand / AFP

Les ministres des Finances de l'Union européenne ont voté ce vendredi un compromis sur des mesures pour limiter le risque bancaire.

Les 28 ministres des Finances de l'UE, réunis à Bruxelles, sont enfin parvenus vendredi, après plusieurs mois de discussion, à surmonter leurs divergences pour réduire les risques dans le secteur bancaire, préalable indispensable vers l'achèvement de l'Union bancaire.

L'accord conclu vendredi vise à mettre à jour des règles approuvées par l'UE pendant et après la crise financière en matière prudentielle et de résolution bancaire.

Prochaine étape: partager le risque bancaire

Ce compromis était nécessaire pour que les pays du nord de l'Europe, Allemagne en tête, acceptent de commencer à discuter d'une mutualisation du risque bancaire et donc de faire progresser les discussions sur l'Union bancaire.

Les Allemands ont toujours été très réticents à partager le risque bancaire car ils craignent de devoir payer, en cas de faillite, pour les banques du sud - en particulier les italiennes - qu'ils estiment mal gérées.

L'accord de vendredi "crée l'élan politique dont nous avions besoin", s'est félicité le ministre français des Finances Bruno Le Maire, qui doit présenter en juin une feuille de route commune avec son homologue allemand Olaf Scholz sur l'Union bancaire. "Une nouvelle dynamique est en place", a affirmé ce dernier, saluant "un accord très important".

La feuille de route des deux ministres doit être présentée au président français Emmanuel Macron et à la chancelière allemande Angela Merkel, qui la détailleront aux autres dirigeants européens lors d'un sommet les 28 et 29 juin à Bruxelles.

"Backstop"

Vingt-six pays ont voté vendredi en faveur du compromis sur le risque bancaire. Deux se sont abstenus: l'Italie, dont le gouvernement n'est pas encore constitué, et la Grèce. Les États membres vont maintenant pouvoir démarrer les négociations sur la question avec le Parlement européen, qui n'a pas encore arrêté sa position.

"L'Europe a besoin d'un secteur bancaire fort et diversifié pour financer l'économie", a plaidé le commissaire européen à la Stabilité financière Valdis Dombrovskis. "Cela jette les bases de nouveaux progrès en vue de l'achèvement de l'Union bancaire", a-t-il ajouté.

Parmi les avancées attendues en juin figure surtout la mise en place d'un filet de sécurité (ou "backstop") au sein du Mécanisme européen de stabilité (MES) - un dispositif pour aider les pays en difficulté. Ce "backstop" consiste à rendre possible la mobilisation d'argent public, mais en dernier recours, si une banque rencontre de lourdes difficultés financières.

J.-C.C. avec AFP