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L'argent français continuerait d'affluer dans les banques suisses

La Finance Suisse continue d'être attractive pour les Français.

La Finance Suisse continue d'être attractive pour les Français. - -

L'association des banquiers privés suisse a expliqué ce 16 janvier que les capitaux français "conformes fiscalement" font toujours le bonheur des banques helvétiques. Elle estime que cette tendance est une preuve du savoir-faire bancaire du pays.

L'affaire Cahuzac ne semble pas avoir fait trop de mauvaise publicité à la Finance helvétique. Ainsi, selon l'Association des banquiers privés suisses, qui tenait ce jeudi 16 janvier une conférence de presse à Berne, l'argent français "légal" continue d'être logé dans les banques du pays.

Nicolas Pictet, vice-président de cette association et un des dirigeants de la banque éponyme, a ainsi déclaré que "l'afflux dans les banques suisses de capitaux nouveaux, parfaitement conformes sur le plan fiscal", dont des capitaux français, "montre que le savoir-faire suisse en matière bancaire est reconnu". Il n'a toutefois pas donné d'indications chiffrées.

Le banquier a cependant admis que l'expression "compte en Suisse" est actuellement "un handicap en France", par rapport à ce qu'elle représentait il y a 50 ans.

Pas d'ultimatum dans les banques privées

Contrairement aux grandes banques suisses comme UBS et Credit Suisse, les banques privées, spécialisées dans la gestion de fortune, n'ont pas envoyé de courrier ultimatum à leurs clients français non-déclarés au fisc en France pour qu'ils se régularisent.

"C'est chaque banque qui décide de sa stratégie", a indiqué Christophe Gloor, président de cette association, qui regroupe 11 banques suisses entièrement privées, et non cotées en Bourse.

"La disposition des clients français à se régulariser a beaucoup augmenté, du fait de l'affaire Cahuzac", a-t-il néanmoins ajouté. "Certains clients sont cependant plus réticents, et c'est à nous de les convaincre", a-t-il poursuivi.

11.000 repentis fiscaux

Mercredi 15 janvier, le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, a indiqué que, depuis le mois de juin, 11.000 personnes avaient déposé des demandes de régularisation auprès de l'administration fiscale. Il précisait que ce chiffre représentait "une recette potentielle de plus d'un milliards d'euros".

Quant à la Suisse, une enquête menée par l'agence ATS, révélée mercredi 15 janvier, montre que le nombre d'auto-dénonciations pour fraude fiscale a explosé l'année dernière. 2013 a ainsi été un record pour le canton de Genève, avec 498 auto-dénonciations, contre 265 en 2012.

J.M. avec AFP