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Kerviel: Société Générale a-t-elle vraiment perdu 5 milliards d'euros?

L'avocat de Jérôme Kerviel va tenter de démontrer que la réalité de la perte de 5 milliards d'euros de Société Générale est sujette à caution.

L'avocat de Jérôme Kerviel va tenter de démontrer que la réalité de la perte de 5 milliards d'euros de Société Générale est sujette à caution. - -

Après la cassation partielle du jugement, le nouveau procès de Jérôme Kerviel s'ouvre ce 18 juin à la Cour d'appel de Versailles. La défense de l'ex-trader va contester la réalité des cinq milliards d'euros de pertes essuyées par la banque.

L'affaire Kerviel revient à la Une de l'actualité. Le troisième procès commence ce 18 juin devant la Cour d'appel de Versailles. Mi-mars, la Cour de cassation avait confirmé la condamnation pénale, mais annulé les dommages et intérêts de 4,9 milliards d'euros. C'est donc ce volet civil qui va à nouveau être jugé. L'occasion pour la défense de l'ex-trader de contester la réalité de cette perte.

Selon l'avocat du trader en effet, rien ne prouve que Société Générale a bien perdu 4,9 milliards d'euros. Il n'y a jamais eu d'expertise indépendante, affirme-t-il. Pire: pour la défense, la banque a gonflé le montant de ces pertes en liquidant en même temps des positions qui n'avaient rien à voir avec Jérôme Kerviel.

Un argument absent au premier procès

Des accusations fausses et totalement infondées, rétorquent les avocats de la banque. Ces pertes ont été validées par les commissaires aux comptes, des personnalités assermentées et donc passibles de poursuites pénales.

Ces pertes ont aussi été validées par Bercy, la Commission bancaire et l'Autorité des marchés financiers, rappellent-ils.

Enfin, le juge Renaud Van Ruymbeke, au cours de l'instruction, n'a jamais rien trouvé à redire à ces pertes.

A cette époque d'ailleurs, la défense non plus n'y trouvait rien à redire. Cet argument n'est apparu que bien plus tard dans la procédure. Plusieurs mois après le premier procès.

Caroline Morisseau