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Bpifrance bientôt prête à accompagner les entreprises en Iran

La banque publique d'investissement table sur un accompagnement des entreprises dans le pays d'ici l'automne. Elle veut éviter de se faire distancer par l'Allemagne ou l'Italie.

Bpifrance est dans la toute dernière ligne droite. Ce n'est plus qu'une question de mois. La banque publique d'investissement espère bien être en mesure d'accompagner le financement des entreprises en Iran d'ici l'automne, via des crédits acheteurs ou des crédits exports. "Le projet est extrêmement avancé" assure une source proche de la banque. Tous les obstacles ont quasiment été levés.

Pour Bpifrance, il s'agissait d'abord d'écarter tout risque d'être rattrapée par les autorités américaines. Tout a été scrupuleusement préparé. Depuis des mois, le Trésor Français et Bpifrance ont des échanges approfondis avec l'OFAC, l'organisme de contrôle américain. Les autorités américaines n'ont pas dit non, elles ne bloquent pas. "Ce qui revient à dire que Bpifrance peut y aller" explique une source proche du dossier.

Créer une sorte de "banque dans la banque"

À une condition toutefois: que la banque publique garantisse aux États-Unis qu'il ne s'agit en aucun cas de recycler du dollar pour financer des opérations en Iran. Pour cela, Bpifrance a donc dû prendre toutes les précautions et créer une sorte de "banque dans la banque", une structure à part et totalement étanche, qui ne servira qu'au financement de ces opérations. "Cette tuyauterie interne, elle aussi est en place" nous dit-on.

Reste un ultime obstacle à lever: trouver une banque partenaire capable de gérer les transactions. Bpifrance, elle, n'est pas une banque de flux. Elle doit donc absolument trouver un partenaire qui dispose des infrastructures nécessaires. "Des discussions sont en cours avec plusieurs partenaires européens" nous dit une source proche du dossier. L'Iran reste un sujet sensible, car les sanctions américaines n'ont pas été levées. Personne n'est prêt à s'engager sans prendre d'infinies précautions.

Bpifrance se donne jusqu'à l'automne pour faire aboutir ces discussions. C'est une véritable course contre la montre, car beaucoup d'autres pays européens sont sur les rangs pour tenter de prendre des parts sur ce juteux marché. Comme le résume une source proche du dossier: il ne faudrait pas que dans le dernier virage, on se fasse doubler par des pays comme l'Allemagne ou l'Italie.

Caroline Morisseau