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Aide à la presse : quand le contribuable finance la crise

L'Humanité a contracté une dette de 4 millions d'euros.

L'Humanité a contracté une dette de 4 millions d'euros. - -

Le parlement vient de voter l’annulation d’une dette de 4 millions d’euros du journal l’Humanité vis-à-vis de l’Etat. Cela pose le problème du dispositif d’aide à la presse.

Le dispositif d'aide à la presse coûte un peu plus d’un milliard d’euros, et plusieurs personnes se posent des questions sur son efficacité et sur sa légitimité. Au nom de la liberté de la presse, on entretient des situations de rente au crochet du contribuable.

Le gouvernement vient au secours de l'Humanité. Est-il dans son rôle ?

La justification du soutien à la presse est la défense de la liberté d’expression. La tradition est ancienne puisque c’est sous la Révolution que des tarifs postaux spéciaux ont été fixés.
A l’heure actuelle, la première mesure en faveur de la presse est un taux de TVA de 2,1%. Ensuite, d’autres dispositions existent pour un coût de 1,2 milliard d'euros. La Cour des comptes a remis un rapport en septembre dernier qui souligne les limites de ce dispositif. L’Humanité, par exemple, est le journal le plus aidé. Il reçoit 48 centimes d’argent public par numéro. On peut s’interroger sur les raisons d’une telle aide. La baisse des ventes de ce journal correspond à la baisse électorale du parti communiste. Le contribuable assure le revenu d’un courant politique et de son expression journalistique alors même que ce courant est devenu très minoritaire. On est en droit de se demander s’il est normal que des contribuables qui ne partagent pas les idées exprimées par l’Humanité soient obligés de payer pour leur diffusion. Il y a là une forme d’abus voire même de racket.

La démocratie a besoin d'une presse nombreuse et libre

Nul ne peut le contester, mais il ne faut pas qu’au nom de la liberté, on ignore les évolutions, non seulement des idées mais aussi des technologies. La presse doit changer du fait d’Internet, du fait du développement des medias audiovisuels, du fait des réseaux sociaux.
Aux Etats-Unis, l’hebdomadaire Newsweek, qui fut un des principaux news magazine des années 60, a disparu sous sa forme papier. Son nouveau propriétaire - qui est français - se demande s’il ne va pas relancer le papier mais selon une formule totalement différente de ce qu’était l’ancien Newsweek. Aurélie Filipetti est consciente du problème puisqu’elle a annoncé que la réduction du budget d’aide à la presse de 50 millions d'euros, prévue pour 2014, doit être l’occasion de réfléchir à ce que doit être un journal moderne. En attendant, le contribuable paie pour des journaux moribonds.

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Le titre de l'encadré ici

|||L'Etat doit-il aider la presse écrite ?

Jean-Marc Daniel