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A380 : Airbus pourrait ne pas rembourser les aides

Tom Enders, le patron d'Airbus, sur le site de production de l'avionneur à Blagnac près de Toulouse, en mars 2018.

Tom Enders, le patron d'Airbus, sur le site de production de l'avionneur à Blagnac près de Toulouse, en mars 2018. - REMY GABALDA / AFP

Les prêts consentis par les Etats européens sont des « partenariats à risque » selon le patron d’Airbus.

Douche froide pour les créanciers d’Airbus, ou plus précisément les États européens ayant consentis des aides pour l’A380 dont la production va cesser à partir de 2021.

« Partenariat à risque »

Ces prêts, accordés pour le développement d'un avion comme l'A380, constituent « un partenariat à risque » pour les États concernés, a estimé le président exécutif d'Airbus, Tom Enders, dans un entretien au Financial Times publié vendredi. « Les prêts sont fondés sur l'engagement des gouvernements selon lequel, si l'avion n'est pas un succès, ils prennent un risque financier » a précisé Tom Enders.

Ce dernier s'est dit prêt à discuter de la question des conséquences de l'arrêt de la production avec les gouvernements concernés : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, et l’Espagne qui ont en effet prêté 3,3 milliards d’euros à l’avionneur pour son programme A380. Airbus aurait déjà remboursé une partie des aides perçues mais les montants exacts n’ont pas été divulgués.

La France, principal État prêteur

Selon l’agence Bloomberg, le France serait le principal prêteur avec 1,21 milliard d’euros versés, suivis par l’Allemagne (942 millions), le Royaume-Uni (615 millions) et l’Espagne (376 millions).

Tom Enders a insisté sur le fait que « ce programme avait fait beaucoup de bien aux contribuables en Europe » en termes de créations d'emplois et de taxes générées.

Airbus a annoncé le 14 février l'arrêt de la livraison de son vaisseau amiral en 2021, soit 14 ans après sa mise en service, faute de commandes suffisantes. L'appareil était boudé par les compagnies, notamment en raison de problèmes de rentabilité et Airbus avait déjà été contraint de réduire au minimum sa cadence de production, tombée à un exemplaire par mois en 2018 contre 27 exemplaires au total en 2015.

La rédaction avec AFP, Reuters