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Entreprise: comment l'Allemagne veut endiguer une vague de dépôts de bilan

 Le produit intérieur brut du pays s'est contracté de 9,7% au deuxième trimestre 2020.

Le produit intérieur brut du pays s'est contracté de 9,7% au deuxième trimestre 2020. - Markus Schreiber © 2019 AFP

Outre-Rhin, l'exécutif dévoile des mesures visant à assouplir les règles en matière d'insolvabilité. L'enjeu: éviter la vague de dépôts de bilan des entreprises qui menace en raison de la récession due à la crise sanitaire.

Alors que le pays a déjà adopté un vaste plan de relance de l'économie, l'Allemagne prend l'angle des règles en matière d'insolvabilité qu'elle veut assouplir pour éviter une vague de dépôts de bilan des entreprises fragilisées par la crise sanitaire, selon Reuters.

"Les sociétés qui peuvent montrer aux créditeurs qu'elles sont en mesure de se restructurer devraient être en mesure de (le faire) en dehors des procédures d'insolvabilité", explique la ministre allemande de la Justice, Christine Lambrecht.

Dans le cadre du projet de réforme présenté ce samedi, qui entrerait en vigueur début 2021, les entreprises pourraient faire une déclaration d'insolvabilité dans un délai de six semaines, au lieu de trois actuellement.

L'Allemagne anticipe une chute de 5,8% de son PIB en 2020

"Le gouvernement allemand a déjà pris des mesures permettant aux entreprises en difficulté financière en raison de la pandémie de retarder leur dépôt de bilan jusqu'à la fin de l'année, prolongeant l'échéance qui avait dans un premier temps été fixée à fin septembre" rappelle Reuters.

Grâce à ces mesures, le nombre d'entreprises allemandes qui ont déposé leur bilan au premier semestre a reculé de 6,2% par rapport à la même période en 2019, avec 9006 banqueroutes.

Pour lutter contre la récession économique, Berlin s'est également lancé dans de vastes investissements dits d'avenir, dans le cadre d'un plan de relance de 130 milliards d'euros.

Le gouvernement allemand table sur une chute cette année de 5,8% du produit intérieur brut du pays (il s'est déjà contracté de 9,7% au deuxième semestre), avant un rebond attendu dès 2021, de 4,4%.

Pour l'année en cours, Berlin a prévu d'emprunter au total 218,5 milliards d'euros afin de combattre les effets de la crise sanitaire. Un chiffre qui dépasse aussi largement ce qui est permis par le "frein à l'endettement" inscrit dans la Constitution allemande depuis 2011, qui interdit au gouvernement fédéral d'emprunter chaque année plus de 0,35% de son PIB, et qui porte le taux d'endettement du pays à 75,25% du PIB.

Frédéric Bergé