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En quoi consistent les prêts participatifs, nouveau levier de croissance du gouvernement?

L'exécutif présente ce nouveau dispositif ce jeudi matin, qui doit participer activement à la relance de l'activité française. Explications.

Le gouvernement présente, ce jeudi, le dispositif de prêts participatifs destiné à soutenir les fonds propres des entreprises pénalisées par la crise. Un dispositif négocié avec la Commission européenne et présenté comme "essentiel" par Bruno Le Maire pour la relance de l'activité.

Ces prêts sont d'abord des prêts de long terme, 8 ans, qui ne commenceront à être remboursés qu'à partir de la cinquième année. En ce sens, on parle de "quasi fonds propres" puisque cet argent va rester longtemps dans l'entreprise avant d'être remboursé.

Surtout, ces prêts sont des "dettes junior". Autrement dit, ils ne sont remboursés que si l'entreprise en a les moyens et uniquement après avoir remboursé ses autres dettes. Forcément, cela signifie que le délai théorique de 8 ans peut donc être dépassé.

20 milliards d'euros

Le but est évidemment de donner de l'air aux entreprises pour qu'elles puissent continuer à investir. Or, l'investissement sera une des clés de la relance de l'économie française.

Pour cela, c'est tout l'écosystème français qui est mobilisé: une douzaine de banques, une vingtaine d'assureurs, une quarantaine de sociétés de capital-investissement (via leur association France Invest).

Concrètement, les assureurs, très critiqués pendant la crise, vont mettre sur la table 20 milliards d'euros: 14 milliards d'euros pour les prêts participatifs distribués par les banques et 6 milliards d'euros en obligations d'entreprises qui seront achetées par les sociétés de capital-investissement.

Garantis à 30%

Reste que des conditions existent pour bénéficier du dispositif du prêt: si aucun remboursement n'est réclamé avant la 5ème année, les intérêts doivent néanmoins être remboursés dès la première année. Ils ont été fixés à 4% pour les PME et 5% pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Concernant les obligations "relance", le remboursement du capital se fera en une seule fois au bout des 8 ans mais, là encore, les intérêts sont dus dès la première année: 5% pour les PME et 6% pour les ETI. Les deux dispositifs devraient concerner 10.000 entreprises, notées jusqu'à 5+ par la Banque de France. Beaucoup moins que les prêts garantis par l'Etat qui ont touché 650.000 entreprises. Là encore, l'Etat se portera garant, mais seulement à hauteur de 30%.

Le dispositif sera prêt dès le mois d'avril et sera disponible jusqu'en 2022, la durée du plan de relance.

Thomas Sasportas avec Thomas Leroy