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Vote massif des salariés du monde pour pigasse-niel-bergé

Les salariés du Monde se sont massivement prononcés en faveur de l'offre d'un trio composé du banquier d'affaires Matthieu Pigasse, du mécène Pierre Bergé et du fondateur de l'opérateur Free Xavier Niel pour reprendre leur groupe en difficulté. /Photo pri

Les salariés du Monde se sont massivement prononcés en faveur de l'offre d'un trio composé du banquier d'affaires Matthieu Pigasse, du mécène Pierre Bergé et du fondateur de l'opérateur Free Xavier Niel pour reprendre leur groupe en difficulté. /Photo pri - -

par Elizabeth Pineau PARIS (Reuters) - Les salariés du Monde se sont massivement prononcés en faveur de l'offre d'un trio composé du banquier...

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Les salariés du Monde se sont massivement prononcés en faveur de l'offre d'un trio composé du banquier d'affaires Matthieu Pigasse, du mécène Pierre Bergé et du fondateur de l'opérateur Free Xavier Niel pour reprendre leur groupe en difficulté.

La reprise du célèbre quotidien du soir devrait donc échapper au candidat ayant la faveur de l'Elysée, le consortium réunissant Claude Perdriel, PDG du groupe Nouvel Observateur, France Télécom et Prisa, groupe espagnol de médias qui détient déjà 15% du Monde.

Les journalistes de la Société des rédacteurs du Monde (SRM) ont voté à 90,84% pour le trio Pigasse-Bergé-Niel, qui a mis 110 millions d'euros sur la table.

Selon une source interne au journal, Nicolas Sarkozy avait fait savoir aux dirigeants du journal qu'il ne voulait pas de cette reprise par des hommes d'affaires classés à gauche.

Ce vote est décisif, les deux candidats ayant annoncé qu'ils n'iraient pas contre la volonté du personnel.

Appelés à voter dans la matinée, 94,9% des cadres et 100% des employés avaient voté dans le même sens que les journalistes, tout comme les personnels des magazines du groupe (Télérama, La Vie, Courrier international), à 92,66%.

Seule l'association Hubert Beuve-Méry, qui compte deux sièges sur 20 au Conseil de surveillance LMPA (Le Monde partenaires et associés) a voté en faveur du consortium emmené par Claude Perdriel.

Le Conseil de surveillance du quotidien aura le dernier lundi lors d'un vote.

Le trio gagnant "a les moyens d'assurer le développement du groupe, ce qui nous a fait défaut ces dernières années", a déclaré à la presse Gilles Van Kote, président de la SRM.

UNANIMITÉ

"Ils ont su aussi apporter à l'ensemble des personnels du groupes des garanties", a-t-il ajouté.

Une salariée du journal affirme, elle, n'avoir "jamais vu une telle unanimité en 33 ans de maison".

Les candidats se sont rendus jeudi dans les locaux du Monde pour défendre leur projet devant la société des rédacteurs.

"Tout s'est joué à ce moment-là", raconte une journaliste ayant requis l'anonymat. "Les uns proposaient un projet cohérent, alors que les autres étaient divisés".

La saga de la reprise du Monde a été émaillée d'informations internes au quotidien faisant état d'une initiative de l'Elysée pour éviter une prise de contrôle du journal par des investisseurs jugés trop proches de l'opposition.

La gauche s'est inquiétée de possibles pressions du président Nicolas Sarkozy, qui a reçu récemment Eric Fottorino, le directeur du Monde.

Le président "se berlusconise", a-t-elle accusé, en allusion au président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, propriétaire de plusieurs grandes chaînes de télévision.

Mais selon Gilles Van Kote, l'intervention supposée du président de la République "n'a pas été déterminante".

"On a essayé de réfléchir à tête reposée sur le contenu des offres, sur ce que représentaient les hommes qui étaient à la tête de ces offres. On ne s'est pas déterminés en fonction de critères anecdotiques et conjoncturels qui auraient pu polluer notre réflexion", a-t-il dit à la presse.

Le Monde doit réaliser une recapitalisation d'ici début juillet s'il veut poursuivre son activité.

Peu après l'annonce du résultat du vote, France Télécom a annoncé dans un communiqué qu'il réexaminerait dès lundi, à l'issue du conseil de surveillance, la suite à donner à sa candidature de reprise rejetée par les salariés.

Edité par Yves Clarisse