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Qui veut devenir PDG d'Adecco pendant un mois?

Les étudiants ont jusqu'au 21 mars pour déposer leur candidature et suivre partout pendant un mois le PDG d'Adecco, Christophe Catoir (ci-contre invité de BFM Business).

Les étudiants ont jusqu'au 21 mars pour déposer leur candidature et suivre partout pendant un mois le PDG d'Adecco, Christophe Catoir (ci-contre invité de BFM Business). - BFM Business

Le géant de l'intérim lance son appel à candidature pour trouver le prochain étudiant qui accompagnera le PDG partout un mois. Une expérience enrichissante. Témoignage de la lauréate 2016.

Adecco s'apprête à être dirigé par un jeune pendant un mois. Ou presque. Comme chaque année, le géant de l'intérim, lance ce mercredi son appel à candidatures pour l'opération "CEO for one month". Traduction: "PDG pour un mois". Un nom éloquent, puisque le principe consiste à faire vivre à un étudiant la vie du PDG pendant un mois.

C'est en Norvège qu'a été lancée l'opération il y a cinq ans. La France s'y est mise un an plus tard, avec un retentissement intense auprès des étudiants: "de 500 candidatures pour la première édition en 2013, on est passé à plus de 3.000 en 2015", rapporte Christophe Catoir, le président France d'Adecco.

Un recrutement basé sur les qualités interpersonnelles

Et si les jeunes sont si nombreux à vouloir tenter l'expérience, c'est qu'elle ne consiste pas qu'en une opération marketing pour le groupe d'intérim. Camille, la lauréate de l'année dernière, en témoigne. "Quand j'ai vu l'annonce sur Facebook, je ne pensais pas y aller, parce que je croyais que le gagnant ne ferait pas grand-chose avec le PDG", raconte l'étudiante en commerce à l'EM Lyon. Mais elle se renseigne. Les témoignages d'ex-candidats achèvent de la convaincre d'y aller.

Elle passe toutes les étapes de la sélection, menée par le cabinet qui gère les recrutements classiques de l'entreprise. Et selon les mêmes critères: les soft-skills plus importantes que l'expérience. Sérieuse, enthousiaste, curieuse, collaborative, bonne communicante... Camille décroche le job. Elle va passer un mois auprès de Christophe Catoir.

Des dizaines de pages de contrat de confidentialité

Elle adopte le rythme de vie du PDG. "Mêmes horaires, mêmes contraintes, même emploi du temps surchargé", se souvient Camille. Et surtout, "aucune confidentialité". Elle assiste à toutes les réunions, aussi bien avec les équipes qu'avec le Comex, devant lequel elle fera une présentation "bluffante", sourit Christophe Catoir. Elle participe aux entretiens d'embauche, pose des questions aux candidats, est consultée sur la question de les recruter ou pas au sein de l'entreprise qui compte 5.000 salariés.

"On est vraiment confronté à la réalité du métier, à celle de l'entreprise, à la façon dont un dirigeant procède, décide", explique-t-elle. "D'un seul coup, j'ai eu plus de responsabilités que je n'en avais jamais eu de toute ma vie", rapporte Camille. Évidemment, Adecco lui a fait signé des dizaines de pages de contrat de confidentialité. Elle apprend à veiller au secret des affaires, fait attention à ne pas laisser traîner son carnet de notes.

De 3 à 50 demandes d'ajout sur Linkedin

Le mois passé chez Adecco, Camille n'est pas près de l'oublier: "Une expérience qui apporte sur tous les plans, une vraie aventure humaine, des souvenirs précieux qui vont rester". Côté professionnel, elle a constaté "un avant et un après": "je suis passé à trois demandes d'ajout quotidiennes sur Linkedin à 50, je reçois des mails de proposition de stage". Toujours étudiante, elle est actuellement stagiaire, au sein d'une filiale d'Adecco, chargée de mission pour l'insertion professionnelle des réfugiés.

Camille n'est pas la seule à sortir changée par cette expérience. Christophe Catoir est également ravi. Le patron d'Adecco en France loue "la lucidité, l'œil neuf que le 'CEO for one month' porte sur les affaires". Avec des effets concrets. Par exmple à l'issue d'un entretien de recadrage avec un salarié difficile, quand les commentaires de Camille lui font prendre conscience qu'il est dans une posture vis-à-vis de ce dernier, du fait de leur relation ancienne. "Tu aurais pu être un peu plus dur" lui avait-elle glissé à la fin de l'entretien.

Chaque soir Christophe Catoir écoute ses feed-back. Ses observations lui donneront l'idée de créer un groupe de salariés de moins de 35 ans. Leur mission: passer en revue les décisions de la direction.

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Nina Godart