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Quand la mode des uniformes envahit les entreprises

Le showroom de Kymono située dans le marais à Paris.

Le showroom de Kymono située dans le marais à Paris. - Kymono

Non, l'uniforme n'est pas ringard. Les start-up en sont très friandes pour développer le sentiment d'appartenance de leurs collaborateurs, les grands groupes s'y mettent aussi, pour peaufiner leur communication ou les offrir en cadeau. Une mode qui fait le bonheur de la start-up Kymono.

Alors que les start-up ont révolutionné les codes du travail, en offrant davantage de libertés à leurs salariés et en développant des espaces de travail conviviaux, elles font un étonnant retour dans le passé en faisant l'éloge des uniformes. "Elles ont un fort besoin identitaire, elles cherchent à développer le sentiment d'appartenance parmi leurs collaborateurs", explique Olivier Ramel, créateur de Kymono. Le jeune homme de 27 ans a lancé sa start-up il y a maintenant un an et demi, après un échange avec Alice Zagury, directrice générale de l'incubateur The Family, qui lui faisait part de la demande croissante de ses jeunes pousses d'avoir des vêtements à leur image.

"Je suis serial entrepreneur. Au lycée j'avais déjà lancé une activité de vente de sweats griffés aux couleurs de l'établissement. Je connaissais en plus un entrepreneur qui avait une usine de textile en Normandie, tout était réuni pour que je monte ma boîte de vêtements personnalisés", poursuit Olivier Ramel.

Mais hors de question de fournir des t-shirt mal taillés avec un logo égaré sur une poche. "Le marché des vêtements personnalisés n'avait pas bougé depuis 20 ans", tance le créateur de Kymono, il a donc misé sur le qualitatif et l'éthique pour séduire les start-up. La majorité des vêtements sont en coton bio ou ethique, achetés auprès d'un fournisseur belge. L'usine en Normandie se charge ensuite de les personnaliser selon les demandes du client, avec des impressions, des sérigraphies, des broderies…

Les chaussettes ont la cote

Kymono propose environ 400 références qui peuvent habiller les salariés "de la tête au pied", selon les dires du fondateur de la start-up, avec des versions hommes et femmes pour être adaptés aux morphologies de tous. "Il faut que les vêtements soient bien taillés, car il faut que l'on soit fier de les porter", précise Olivier Ramel.

T-shirt, bombers, polo, casquettes, mais aussi des accessoires textiles comme des sacs à dos et des totes bag peuvent donc être personnalisés à volonté. Le polo à col rond, sans capuche, est l'un des modèles les plus vendus. Il faut compter une vingtaine d'euros, le prix évoluant en fonction du nombre d'articles commandés et du degré de personnalisation. "L'article qui est très à la mode en ce moment, ce sont les chaussettes siglées, tout le monde veut en avoir. C'est une tendance qui vient de la Silicon Valley", révèle le jeune entrepreneur. Certaines start-up ont des demandes plus farfelues, comme des vêtements entièrement recouverts de logo. "On a même eu une fois une demande pour des salopettes", se remémore Olivier Ramel.

Les grands groupes s'y mettent aussi

S'il a lancé son entreprise pour répondre à la demande des start-up, elles ne représentent plus que la moitié de ses clients. Des restaurants font désormais appel à lui, comme Big Mama, mais pas uniquement pour le personnel en salle. Offrir une tenue siglée est aussi un moyen de récompenser ses salariés, notamment les forces de ventes. C'est aussi un cadeau tout trouvé pour récompenser sa communauté ou ses clients.

Les grandes entreprises aussi ont adopté l'uniforme, pas comme vêtement de tous les jours, mais pour des évènements ponctuels comme des salons ou des séminaires. Adopter une tenue commune permet de resserrer les liens d'une équipe, de valoriser son identité au sein du groupe, mais aussi aux yeux des autres dans un contexte évènementiel.

Kymono s'est aussi lancé sur la fabrication d'objets personnalisés, et compte dès le mois de janvier 2019 proposer ses services en tant qu'office designer. "Nous sommes des 'culture designer', que ce soit au travers des vêtements que de la décoration des bureaux", résume Olivier Ramel. Déjà présent à Londres et à Berlin, la société vise aussi l'Espagne, le Portugal, les pays scandinaves au cours de l'année 2019. Après un chiffre d'affaires d'un million en 2017, Kymono devrait atteindre les 3 millions pour cette année. Et vise les 10 millions pour l'année prochaine.

Coralie Cathelinais