BFM Business

Pour inciter leurs salariés à partir en vacances, des groupes américains leur versent de grosses primes

-

- - AlexaPhotos- CC

Les Américains hésitent à prendre leurs congés payés. Conscient qu'ils sont bien plus productifs après un repos mérité, FullContact verse 7500 dollars de primes à ses salariés qui se déconnectent pendant leurs vacances. Et ce n'est pas la seule initiative du genre.

Aux Etats-Unis, la culture du travail est bien ancrée, celle des congés l'est beaucoup moins. D'ailleurs le droit du travail ne fixe pas de jours de vacances minimum, c'est aux entreprises de décider. Et même s'ils sont largement moins bien dotés qu'en France, les salariés américains rechignent à profiter de leurs vacances: ils sont partis en moyenne 16,4 jours en 2017, selon une étude GFK, alors qu'ils ont en moyenne 21 jours de congés payés par an.

Des entreprises ont décidé de prendre des mesures pour les inciter à profiter de leurs congés. Pour cela, rien de mieux que des primes. FullContact verse ainsi 7500 dollars (environ 6800 euros) aux salariés qui acceptent de partir et de se déconnecter de leur bureau, comme le relaye Sud-ouest. Cette entreprise, spécialisée dans la gestion de contacts, récompense ainsi les salariés qui se sont abstenus de travailler pendant leurs vacances et qui ont totalement coupés les ponts, en ne répondant ni aux appels ni aux SMS et en ne consultant pas leur boite mail.

Si l'accord est rompu, la prime doit être remboursée, ce qui n'est encore jamais arrivé. Pour l'employeur, le retour sur investissement est là: les salariés sont plus productifs à leur retour et ont plus d'énergie pour s'attaquer aux gros dossiers. Et c'est aussi un atout pour retenir ou faire venir les meilleurs éléments, à un moment où la guerre des talents bat son plein.

FullContact sort du lot par sa générosité. Le plus souvent, les primes tournent autour de 2000 dollars, selon les recensement effectué par Forbes. C'est en effet le montant choisi par Airbnb, la société de marketing Steel House, le voyagiste Afar Media ou l'éditeur de logiciel BambooHR, chez qui les salariés dépensent cette somme comme bon leur semble.

L'agence de voyages TourRadar a fait un choix différent. Au début de l'année elle a mis en place un crédit pouvant aller jusqu'à 1800 dollars (environ 1600 euros) pour qu'ils puissent profiter des 40.000 aventures qu'elle a à son catalogue, toujours selon Forbes. Elle leur offre ainsi la possibilité de vivre les mêmes expériences que ses clients, et de lutter contre l'épuisement professionnel.

D'autres lancent des sortes de défi à leurs salariés, à l'exemple de Clyde Group qui propose cinq semaines de vacances avec un budget de 5000 dollars, mais avec un objectif: rendre jaloux ses collègues!

Coralie Cathelinais