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Plus de 1 Français sur 4 craint qu'un robot lui pique son job

C'est en Asie que l'on rencontre la plus forte proportion de salariés qui croient pouvoir être remplacés par des robots.

C'est en Asie que l'on rencontre la plus forte proportion de salariés qui croient pouvoir être remplacés par des robots. - Geralt - CC

"L'automatisation n'est pas une perspective à prendre à la légère pour bon nombre de salariés. En Inde, 69% des travailleurs pensent que leur métier sera entièrement automatisé d'ici 5 à 10 ans, selon une étude Randstad. Les Français, qui occupent des emplois plus qualifiés, sont plus sereins."

La machine va-t-elle finir par remplacer l'Homme? Si cette perspective relevait encore du roman d'anticipation il y a quelques années, le niveau technologique désormais atteint prouve que c'est le cas pour de plus en plus de tâches. Au point que certains salariés ont peur de se voir remplacés par des robots.

C'est en Asie que les craintes sont les plus vives, selon une étude menée par Randstad (1) dans 34 pays. En tête l'Inde, avec 69% des salariés qui redoutent de perdre leur job, suivi par la Malaisie (65%) et la Chine (58%).

En France, la peur de voir son job effectué par des machines touche moins de monde. 27% des salariés interrogés pensent que leur poste sera entièrement automatisé dans les 5 à 10 ans à venir. Plus précisément, 6% des salariés interrogés jugent inévitable cette évolution tandis que 21% l’estiment probable. Ils sont néanmoins 37% à juger ce scénario totalement irréaliste.

Les robots créeront-ils des emplois? 

"Dans les usines et les bureaux, l’automatisation gagne aussi du terrain. Les salariés disposent d’outils qui rendent leur bureau 'mobile' et accessible depuis leur smartphone tandis que les robots, bénéficiant des progrès de l’intelligence artificielle, sont toujours plus sophistiqués. La robotisation, dans ce contexte, est parfois perçue comme une menace pour l’emploi", commente François Béharel, président du groupe Randstad France.

Les premiers à se faire du souci sont tout naturellement ceux qui occupent des emplois peu qualifiés, aux tâches répétitives et nécessitant peu de formation ou d'expertise. Les cols blancs se sentent davantage à l'abri. À tort, car peu de métiers devraient échapper à cette tendance.

Selon une étude menée par des chercheurs d'Oxford en 2013, 43% des emplois étaient susceptibles d'être automatisés aux États-Unis. Des robots ont déjà remplacé des journalistes et 70% des ordres passés à Wall street sont initiés par des algorithmes.

Toute la question est de savoir si l’automatisation permettra de créer de nouveaux besoins, en maintenance et en développement, capables de compenser les pertes engendrées par la mainmise des robots.

(1) L’étude Randstad Workmonitor couvre 34 pays à travers le monde, et a été conduite auprès d’un panel d’employés âgés de 18 à 65 ans. En France, le panel est constitué de 1.000 répondants

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C.C