BFM Business

Open space trop bruyant? Ce n'est pas que de la faute des autres

Le bruit, c'est toujours la faute des autres. Mais avez-vous réfléchi aux nuisances provoquées par vos conversations avec un collègue situé à l'autre bout de la pièce?

Le bruit, c'est toujours la faute des autres. Mais avez-vous réfléchi aux nuisances provoquées par vos conversations avec un collègue situé à l'autre bout de la pièce? - Sebastiann Ter Bug - Flickr- CC

Des sonneries de téléphone qui retentissent sans cesse, des collègues qui s'interpellent à très haute voix… le bruit qui règne dans les espaces de travail est nuisible pour le bien-être et la productivité. D'où la nécessité de sensibiliser équipes et managers au respect de certaines règles.

Inutile de travailler avec un marteau-piqueur ou bien sur une chaîne de montage pour être incommodé par le bruit sur son lieu de travail. Les bureaux sont eux aussi touchés par cette nuisance, et tout particulièrement les open space.

"Tout le monde a conscience de ce niveau sonore, mais tout le monde n'a pas conscience des impacts du bruit, qu'ils soient directs ou indirects", met en garde Sébastien Leroy, expert santé au sein de l'association JNA, qui organise la première semaine de la santé auditive au travail du 24 au 28 octobre. Selon un audit réalisé par l'association au sein d'une entreprise du secteur tertiaire, plus de 9 salariés sur 10 se disent gênés par le bruit pendant leur travail. La pause déjeuner n'est pas l'occasion de faire une réelle coupure, puisque les trois-quarts des salariés souffraient également du niveau sonore trop élevé. Avec à la clé des maux de tête et des problèmes de sommeil pour 7 salariés sur 10. Mais plus généralement, c'est un sentiment de lassitude dont se plaignent les salariés. L'exposition répétée provoque du stress, de la nervosité, nuit aussi à leur concentration et génère une démotivation. 

Le bruit, ce n'est pas que les autres

Les entreprises ont bien sur leur part de responsabilités. C'est à elle d'avoir une réflexion sur l'acoustique de leurs locaux et de mettre à la disposition de leurs salariés des salles de réunion et de repos. Mais la réflexion doit aussi se faire au niveau des équipes. Car chacun est persuadé que la cause de ce brouhaha c'est son voisin. "La meilleure manière est de revoir le mode de fonctionnement collectif, de travailler sur les comportements et d'imposer des règles", explique Sébastien Leroy. Par exemple, il faut rappeler aux salariés la nécessité de mettre leur téléphone mobile en mode vibreur, choisir la sonnerie la moins forte pour leur poste fixe et prohiber les appels utilisant le haut-parleur. Si une réunion est improvisée, même de courte durée, ils doivent penser à se mettre à l'écart pour ne perturber le service entier par leur conversation. Et plutôt que de parler à haute voix à un collègue situé à l'autre bout de la pièce, il faut se rapprocher de lui.

Les managers ont un rôle à jouer

Autre gêne fréquemment avancée par les salariés: être interrompu sans cesse par leurs collègues. "Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de mur ou de cloison, que l'on peut entamer une conversation avec une personne qui était concentrée sur sa tâche. Même si au final, elle est disponible pour cette petite pause, son voisin de bureau n'appréciera pas forcément ces bavardages", rappelle Sébastien Leroy.

Les managers ont un rôle central à jouer dans cette lutte contre le bruit. "Ils peuvent profiter de la réunion de service pour évoquer ce problème et rappeler à l'ensemble de l'équipe les règles de bonne conduite", conseille l'expert en santé publique. Car il est hors de question de stigmatiser une personne car elle coutume de parler fort ou de rire aux éclats un peu trop souvent. "Il en effet très délicat de la prendre à part pour lui en parler, car elle se sentira attaquée et mise en cause. Ce qui serait contre-productif", estime Sébastien Leroy.

De même, lorsqu'un salarié trouve que le niveau sonore monte un peu trop au cours de la journée, il est plus judicieux de ne pas tempêter à chaud contre ses voisins. Le risque: passer pour le grincheux de service. Là encore, mieux vaut faire appel au manager pour qu'il rappelle la nécessite de se respecter les uns les autres.

De l'utilité des casques anti-bruit

Au niveau individuel, les salariés doivent également apprendre à s'accorder des temps de repos. "Cela n'a rien d'évident, beaucoup de gens développent un sentiment de culpabilité lorsqu'il s'agit de s'autoriser des temps de pause en dehors de l'équipe", raconte Sébastien Leroy. Pourtant, pour préserver son audition, il est indispensable de s'accorder des temps de répit. Et pas forcément dans les salles de pause de l'entreprise, ordinairement très bruyantes. Enfin, utiliser des bouchons d'oreille ou un casque anti-bruit quand on a besoin d'être concentré n'a rien de déshonorant.

Coralie Cathelinais