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Les entreprises espagnoles perdent des milliards d'euros à cause des pauses à rallonge des salariés

Des designers travaillant pour la marque Zara ( image d'illsutration)

Des designers travaillant pour la marque Zara ( image d'illsutration) - Miguel Riopa - AFP

La culture du présentéisme est forte en Espagne, où les salariés multiplient les pauses pour manger, surfer sur les réseaux sociaux et répondre à leurs mails. Selon Adecco, ces pertes sur le temps de travail ont un coût moyen de plus de 3000 euros par salarié.

En Espagne, le temps de travail hebdomadaire est de 40 heures, et une journée ne doit pas excéder 9 heures de travail. Mais dans les faits, les Espagnols travaillent nettement moins et pratiquent le présentéisme: ils sont bien au bureau, mais vaquent à des occupations personnelles. Selon un rapport Adecco, réalisé auprès de 30.000 entreprises, et repéré par Les Echos, ces pertes de temps coûtent 3,3 milliards d'euros aux entreprises espagnoles chaque année. L'inactivité d'un salarié peut varier de 53,8 heures à 161,3 heures par an, soit un coût moyen annuel de 3224 euros.

Les Espagnols cultivent un art de vivre qui leur est propre, ce qui a une incidence sur leur travail. Par exemple, ils ont l'habitude de faire une pause à 10h30 pour prendre un second petit déjeuner, qui leur permettra de tenir jusqu'à l'heure du déjeuner, vers 14 heures. Les Espagnols prennent ainsi en moyenne environ vingt minutes pour déguster leur sandwich et leur café. Cette coupure la plus répandue est jugée comme une perte de temps par 32% des sondés.

Les réunions à rallonge pointées du doigt

Les Espagnols sont aussi happés par les réseaux sociaux, les mails et la navigation perso. C'est le motif de distraction le plus courant, avancé par 37% des sondés. Quant à la pause cigarette, seuls 12% des sondés la pratique.

Fait surprenant, les employeurs ne trouvent rien à redire au rythme tout méditerranéens de leurs employés, jugeant que seule une minorité d'entre eux abusent des pauses. Les syndicats sont aussi de cet avis, arguant que les pauses permettent aux salariés de rester productif tout au long de la journée. Ils jugent plus problématiques pour la productivité les réunions à rallonge. Un point sur lequel Adecco s'accorde, car le rapport pointe aussi du doigt la perte de temps due aux réunions sans ordre du jour précis et qui se prolonge.

Les Français ne sont pas non plus des modèles

Les Français ont-ils des leçons à donner à leur voisin En France aussi, les salariés aiment passer leur temps à tout autre chose que leur travail. Leur péché mignon: la pause déjeuner. 39% d’entre eux indiquent prendre au moins 30 minutes pour se restaurer le midi avec leurs collègues, selon une étude de la plateforme de travail collaboratif Wrike. C’est plus qu’en Allemagne (36%), au Royaume-Uni (23%) ou aux États-Unis (22%).

Ils aiment aussi à passer du temps sur Facebook, Youtube… Selon l'éditeur de logiciels Olfeo, chaque salarié Français passe près d’une heure par jour sur la toile pour ses besoins personnels. Ces pauses coûtent 2,4 mois de salaire par an aux entreprises pour chaque employé