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Le dress code en entreprise en pleine révolution

"Vous pensiez que travailler dans une banque vous obligeait à porter le costume strict, et à être un peu plus inventif dans une start-up? Tout a changé: voici les nouvelles manières de coller au style de son secteur."

Il va falloir revoir tout ce que vous saviez sur le dress code en entreprise. La banque comme temple du costume de couleur sobre, gris ou bleu marine, et de la cravate en soie, ce n’est plus d’actualité! Le style très classique, voire un peu coincé des établissements financiers a valsé avec la nouvelle génération. Les trentenaires jouent avec les codes, a repéré Vincent Grégoire, du cabinet de tendance Nelly Rodi.

Ils acceptent le costume, mais plus en matière lisse: du tweed ou de la laine mélangée. Ou alors couleur flashy. À BNP Paribas ou Société générale, les cadres viennent en jean, dès lors qu’il est assorti d’une veste de tailleur, et enfilent des baskets de ville sous leur pantalon à pince. Même Frédéric Oudéa, le directeur général de SocGen, a abandonné la cravate en conférence de presse.

Pourtant rappelez-vous: il y a cinq ans, la banque suisse UBS publiait un guide de 44 pages, bourré de conseils look très précis. Des consignes parmi lesquelles, “pas de soutien-gorge couleur sous la chemise blanche”, pour ces dames, ou “des vestes qui couvrent le postérieur” pour ces messieurs!

Uniformisation chez les start-up

Aujourd’hui, le changement de décor est radical. Il faut dire que les services de ressources humaines n’ont pas d’autre choix qu’avaler cette décontraction. En face, les fintech, ces start-up qui modernisent les services bancaires, font les yeux doux aux meilleurs talents. Des entreprises modernes, qui ont une image cool. Donc les vieilles banques n’ont pas tellement intérêt à embêter leurs petits génies en leur disant de rentrer leur chemise dans le pantalon.

À l’inverse, les secteurs qui ont inventé la décontraction vestimentaire au travail, comme la communication, les médias, la high-tech, ne donnent plus du tout dans l’originalité. Le jean et la Stan Smith sont devenus pour leurs employés ce que la robe est à l’avocat. À en croire le cabinet Nelly Rodi, sans ce nouvel uniforme, vous risquez d’être ostracisé par vos collègues et votre hiérarchie.

Le coaching en style éligible au DIF

Il faut donc retenir qu’on "se lâche, mais pas trop", précise Etienne Morin, co-fondateur du cabinet de conseil en shopping ChicTypes. Par exemple, le logo bling bling, c’est toujours mal vu. La coiffure de footballeur et le look trop sexy également. Le spécialiste pointe également deux écueils: si vous êtes trop looké, vous risquez d’avoir l’air de passer plus de temps devant votre miroir que sur vos dossiers. Si vous ne l’êtes pas assez, vous ne savez pas être créatif en respectant des contraintes.

Vous êtes perdu? Vous pouvez vous offrir les services d’un coach en style. Sachez toutefois que la note est élevée: environ 2.500 euros. Mais ce type de conseil en image peut compter comme une formation professionnelle, et donc être financé par le Droit individuel à la Formation (DIF). Encore faut-il assumer de la réclamer.

Nina Godart