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Halte aux anglicismes au bureau

Les Français ont beau être nuls en anglais, ils utilisent à tort et à travers les anglicismes.

Les Français ont beau être nuls en anglais, ils utilisent à tort et à travers les anglicismes. - Bfmbusiness.com

"Neuf personnes sur dix cèdent à la facilité de ces mots anglais. Relever un challenge, booster ses performances, faire un brainstorming ou un reporting… L'univers professionnel est un lieu propice aux anglicismes."

Les Français ont du mal à maîtriser l'anglais, au point qu'une personne sur 4 a déjà raté un job à cause de cela. Mais paradoxalement, ils n'hésitent pas à ponctuer leurs phrases d'anglicismes. 90% des Français reconnaissent utiliser des mots venus d'outre-Atlantique ou d'outre-Manche, selon un sondage Mediaprism (1) dont Le Parisien publie les chiffres en avant-première. Ils sont 12% à le faire "très souvent", 48% "de temps en temps" et 31% "très rarement". Le monde du travail est un vivier pour ces anglicismes. "Relever le challenge" est ainsi l'expression la plus utilisée, puisque 56% des sondés reconnaissent l'utiliser. "Booster ses performances" est aussi très usitée, par 38% des sondés.

Pourquoi un tel succès? Au départ, ces expressions semblaient plus percutantes dans un milieu professionnel, mais elles perdurent aussi par mimétisme et par automatisme. Ainsi, plus personne ne s'étonne d'être convié à une conf call avec l'équipe pour faire un benchmark de la concurrence en vue d'établir les process à mettre en œuvre. Ce brainstorming devant naturellement donner lieu à un reporting ou un feedback qui sera forwardé ASAP par mail à vos collègues de l'open space.

Des alternatives toutes trouvées

Mais parfois, c'est l'overdose. "Investiguer en profondeur" est l'expression qui énerve le plus les Français. Elle est dénoncée par 60% des sondés. Pourquoi ne pas profiter de la semaine de la langue française qui se termine dimanche pour en envoyer certains aux oubliettes?

La commission générale de terminologie et de néologie a établi une liste des alternatives, plus ou moins judicieuses. Il semble en effet difficile d'employer pourriel au lieu de spam ou jeune pousse au lieu de start-up sans être la risée des collègues. Mais il est en revanche très facile de dire que vous mettez un dossier en attente au lieu de "stand by". La "conf call" du lundi sera remplacée par la conférence téléphonique ou encore, plutôt que de "dispatcher" les missions entre les commerciaux, on les distribuera. On ne peut que vous conseiller d'aller jeter un coup d'œil dès que possible (et non ASAP) sur la liste.

(1) Enquête réalisée sur un échantillon représentatif de 1.833 personnes de 18 ans et plus.

C.C.