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Cette start-up aide les employeurs à traquer les salariés sur Internet

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Une application australienne propose aux recruteurs de scruter les réseaux sociaux à la recherche d'informations sur un salarié ou une recrue potentielle. Le résultat consiste en une sorte de fiche redoutablement exhaustive.

Taper le nom d'une recrue dans Google, aller jeter un oeil sur son compte Facebook ou ses derniers tweets. 95% des employeurs assurent l'avoir fait dans le cadre d'un processus de recrutement selon une étude de Regionsjob. Sauf que les informations glanées "manuellement" par ces recruteurs sont parcellaires et limitées à une période donnée (les dernières semaines).

Pour Fiona McLean, une Australienne qui a fait sa carrière dans les ressources humaines, cette méthode se révèle souvent trompeuse: "Ce n'est pas un message ou deux posté sur un réseau social qui doit décider de la carrière de quelqu'un; or c'est souvent ce qu'il se passe aujourd'hui", explique-t-elle au site Mashable. Pour permettre aux employeurs de disposer d'une information qui tend vers l'exhaustivité, Fiona McLean a donc créé The Social Index, une start-up qui propose aux entreprises de dresser un profil complet d'une recrue potentielle.

Une carte d'identité d'internaute

Et l'utilisation est très simple. Les candidats à un entretien par exemple reçoivent un mail personnalisé qui les enjoint à s'inscrire sur un site en utilisant leurs identifiants Facebook, Twitter et LinkedIn. En 30 secondes, l'algorithme de The Social Index passe alors en revue les différents comptes du candidat. Et 24 heures plus tard, l'employeur ainsi que le candidat reçoivent le résultat du rapport.

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Le résultat prend la forme d'une fiche très complète présente l'activité internet du candidat sous la forme de différents graphiques. Sur l'exemple présenté ci-dessous on peut voir que le dénommé Kevin Michaels a un activité importante sur les réseaux sociaux ("high"), qu'il est influent, que les sites qu'il fréquente le plus sont Pinterest et Facebook ou encore qu'il poste le plus de messages à 8h30 le matin et le samedi. Voilà pour les éléments quantitatifs. Mais The Social Index donne aussi des éléments qualitatifs. Il peut ainsi juger du sentiment général qui se dégage des commentaires (positif en l'occurrence pour Kevin Michaels) ou analyser sa personnalité pour voir si elle est compatible avec un groupe. Par ailleurs, grâce à LinkedIn, la start-up propose un graphique qui retrace la carrière du candidat avec ses période de travail, sans emploi et ses promotions.

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L'application peut être utile aux recruteurs dans le secteur des médias et de l'internet. "Je travaillais avec quelqu'un qui cherchait un candidat pour un poste dans les médias sociaux, explique Fiona McLean. Il recevait beaucoup de gens qui disaient bien s'y connaître mais dans la réalité beaucoup s'y connaissaient en théorie bien plus qu'ils ne pratiquaient." Et à l'inverse, certains employeurs pourront éliminer des candidats qui passent trop de temps sur les réseaux sociaux. Ce qu'ils pourront faire grâce à cet outil.

Et le candidat qui refuse de s'y soumettre?

Cette forme de fichage a de quoi effrayer. Mais la start-up australienne se veut rassurante. Elle assure qu'elle est respectueuse de la vie privée. The Social Index n'a accès qu'aux informations publiques et ne dévoile pas aux employeurs le contenu spécifique des messages auxquels elle a accès. Par ailleurs, ces derniers ne sont pas obligés d'avoir un profil complet qui prenne en compte tous les réseaux sociaux. "Si ce n'est pas pertinent pour le poste, l'entreprise qui recrute peut décider de ne pas demander à accéder aux informations de Facebook par exemple", précise la créatrice.

Quid en revanche d'un candidat qui ne voudrait pas s'y soumettre? Ce refus serait certainement jugé négativement par l'employeur. Mais Fiona McLean rappelle que les données sur les réseaux sociaux ne sont pas privées. Or selon elle, une entreprise est en droit de connaître et d'apprécier toutes les informations publiques concernant un candidat. Vous voilà prévenus!

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco