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Ce patron part au milieu du désert pour faire la promotion du télétravail

Gauthier Toulemonde quitte ce jeudi la capitale d'Oman pour aller planter sa tente dans le désert pour 40 jours.

Gauthier Toulemonde quitte ce jeudi la capitale d'Oman pour aller planter sa tente dans le désert pour 40 jours. - Gauthier Toulemonde

Pendant 40 jours, son bureau n'aura pas de mur. Gauthier Toulemonde, à la tête d'une entreprise de presse, part s'isoler au milieu du désert d'Oman pour prouver que le travail à distance n'a aucune frontière.

À la fois aventurier et patron de presse, Gauthier Toulemonde a déjà joué au Robinson Crusoé du télétravail il y a deux ans, en partant s'isoler sur une île déserte en Indonésie tout en continuant à assurer son activité. À partir de ce jeudi, il quitte Mascate, la capitale d'Oman, pour 3 jours de voiture et autant de marche avant un exil de 40 jours. "J'ai choisi le sultanat d'Oman car c'est une destination qui m'attire depuis l'âge de 10 ans. Et c'est aussi un beau pays, où l'on peut rester seul sans aucun danger". L'objectif de Gauthier Toulemonde est de planter sa tente, qui lui servira à la fois de bureau et de maison, au milieu du désert de manière à n'avoir aucun voisin à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde. Un sort que les salariés qui empruntent chaque jour les transports en commun bondés et supportent les bruits de l'openspace doivent lui envier.

Déjà mis en place dans son entreprise

L'expédition menée par le chef de la société Timbropresse est destinée à lever les freins qui empêchent le développement du télétravail, qui a ses yeux n'a que des avantages. Naturellement, il a déjà mis en place ce système au sein de son entreprise. Sur la dizaine de salariés qu'il emploie, 3 ont la possibilité de travailler quelques jours par semaine de chez eux. Lui-même le pratique. "Cela permet de mieux gérer sa journée, d'être moins fatigué par les transports en commun". D'un point de vue financier, cette solution présente aussi des avantages. "En ayant déménagé de Paris vers Bagnolet et permis le télétravail, mes charges ont été réduites de 50%", affirme-t-il.

Un rédacteur en chef connecté

Pendant ses 40 jours au milieu du désert, Gauthier Toulemonde va continuer à écrire des articles, relire les papiers de ses journalistes, superviser la maquette de ses revues, alimenter le blog où il va relater son expérience. Pour garder le contact avec ses équipes, il est équipé d'un ordinateur, d'une connexion internet satellite, d'un téléphone satellite, ainsi que de batteries. Il travaillera uniquement grâce à l'énergie solaire fournie par des panneaux. Limiter son impact sur l'environnement est une des autres causes qui lui tiennent à cœur. "Le télétravail, c'est moins de transport, donc moins de pollution", met-il en avant.

À pied d'oeuvre avant le lever du soleil

Son emploi du temps ne sera pas établi en fonction de ses obligations entrepreneuriales et des 3 heures de décalage avec la France, mais à partir des contraintes de la nature. À savoir des températures élevées en journée, qui tombent très vite une fois la nuit venue. "Je vais être debout un peu avant le lever du jour, et avoir une journée de travail comme à mon habitude. Je vais par exemple consulter ma messagerie trois à quatre fois par jour pour voir l'avancée de mes dossiers", explique-t-il. Ayant déjà expérimenté l'isolement, il sait à quel point il est essentiel de mettre en place des routines qui rythment la journée.

Dès 18 heures, Gauthier Toulemonde se tournera vers des tâches d'intendance. Car seul dans le désert, ce sera à lui de faire fonctionner son campement. Il a prévu de vivre chichement, notamment car il va devoir se contenter des jerricans d'eau qu'il aura apportés à dos de chameau. Côté nourriture, il a prévu des dattes, des amandes et du riz. Pour varier ses menus, il envisage de chasser les scorpions. "Il y en a plein partout. Je vais tester pour voir si c'est bon", glisse-t-il.

Contrairement au télétravailleur lambda, Gauthier Toulemonde n'aura pas la possibilité de s'extraire de son environnement pour se changer les idées ou se divertir, et tous les jours auront le même rythme. Il sait d'expérience que cela ne sera pas sans conséquence. "À la fin, même s'il n'y a pas de mur, je risque d'assimiler le désert à un bureau", présage-t-il, tout comme sa précédente expérience lui a passé le goût des îles désertes. Le prochain challenge pour ce baroudeur risque donc d'être de trouver un lieu de vacances vraiment dépaysant.

Coralie Cathelinais