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"Au taf", la BD qui caricature la vie de bureau

"Au taf" présente la vie de bureau sous la houlette d'un patron impitoyable qui malmène ses salariés.

"Au taf" présente la vie de bureau sous la houlette d'un patron impitoyable qui malmène ses salariés. - Vaïnui de Castelbajac, Éditions Delcourt

Un patron antipathique obsédé par la rentabilité et des salariés sous pression sont les héros de la bande dessinée de Vaïnui de Castelbajac. Si tous les gags sont sortis de l'imagination de la dessinatrice, ceux qui ont expérimenté la vie de bureau y retrouveront probablement les traits de personnalité d'un collègue, ou d'un chef.

Brainstorming, séminaires, comités de direction, entretiens d'embauche, pauses devant la machine à café, la bande dessinée "Au Taf" (Éditions Delcourt) a pour univers l'entreprise. Avec à sa tête, un patron dont l'embonpoint, les cheveux blancs et les grosses lunettes rondes lui donnent un aspect sympathique au premier coup d'œil. Mais sa personnalité est toute autre. Loin d'avoir pris conscience des enjeux de la qualité de vie au travail, ce patron est obsédé par le profit. Il est aussi manipulateur, sexiste, désagréable et rivalise d'imagination pour mettre sous pression ses salariés. "Je lui ai collé tous les défauts que l'on imagine d'un patron", confie Vaïnui de Castelbajac.

La jeune dessinatrice de 35 ans avoue avoir inventé toutes les situations cocasses qui sont dessinées dans cette BD. "J'ai travaillé il y a quelques années dans une agence de publicité, et le monde de l'entreprise n'était pas pour moi. Aujourd'hui je n'ai pas de patron, je travaille dans un bureau très cool, un atelier partagé", s'enthousiasme Vaïnui de Castelbajac qui pour rien au monde ne quitterait son statut de freelance.

Aucun gag ne s'inspire donc d'expériences personnelles ou de faits qui lui ont été reportés. La dessinatrice a laissé libre cours à son goût pour la caricature et le cocasse. À l'exemple de cette planche où le patron clame son attachement au féminisme et à l'égalité des sexes. Mais sous conditions.

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Ou encore cette scène où un salarié à bout est prêt à se suicider en se jetant dans le vide. Le seul argument du patron pour l'empêcher de commettre l'irréparable? "Il n'est pas trop tard pour vous inscrire aux ateliers de méditation organisés par le CE", avance-t-il. "C'est ma planche préférée", avoue Vaïnui de Castelbajac.

La bande dessinée ne se résume pas à ces cas extrêmes, certaines planches font écho à des situations forcément déjà vécues par ceux qui travaillent dans des bureaux. Comme la torpeur qui peut régner dans l'open space parce que la machine à café est en panne ou encore le vent de panique qui touche les salariés quand un collègue frappé d'une maladie contagieuse pousse le zèle à venir travailler. La saynète où les actionnaires, réunis autour d'une grande table, se partagent un gros gâteau a toutes les chances d'évoquer quelque chose aux lecteurs. 

Coralie Cathelinais