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Travail le dimanche: le gouvernement infléchit sa position

Une série de ministres se sont exprimés, pas toujours à l'unisson

Une série de ministres se sont exprimés, pas toujours à l'unisson - -

Les déclarations des ministres ce dimanche montrent un assouplissement de la position par rapport à la veille.

Toutes la journée de dimanche, plusieurs ministres se sont exprimés sur le travail dominical, mais pas forcément à l'unisson.

D'abord, le ministre du Travail, Michel Sapin, s'est exprimé dans un entretien aux quotidiens du groupe EBRA à paraître lundi. A la question: "êtes-vous favorable à une évolution de la législation sur le travail dominical et sur le travail de nuit ?", il répond: "Est-ce que vous pensez que travailler la nuit c'est améliorer la qualité du travail ? Je ne le pense pas. Est-ce que vous pensez que travailler le dimanche, c'est améliorer la vie quotidienne, la vie de famille, la vie sociale ? Je ne le pense pas".

Le ministre du Travail estime que "le travail de nuit existe déjà, le travail du dimanche aussi, partout où il est indispensable (les services publics) ou justifié par la nature même de l'activité (la restauration, les loisirs...)".

"Usine à gaz"

Son collègue de l'Intérieur Manuel Valls a évoqué "une usine à gaz".

De son côté, la ministre du Commerce et de l'Artisanat Sylvia Pinal avait pointé la "complexité de la législation" dans le Journal du dimanche: "nous avons hérité d'un millefeuille réglementaire qu'il faut absolument clarifier, mais sans polémique".

En fin d'après midi, la ministre de la Santé Marison Touraine a abondé sur France 5: "à l'évidence le statu quo n'est pas tenable. Il y a des salariés qui ont envie de travailler dimanche, des gens qui ont envie de faire leur courses le dimanche. Le précédent gouvernement a laissé s'empiler des règles, des lois, à l'arrivée on n'y comprend plus grand chose", a résumé Marisol Touraine, soulignant cependant qu'"on ne peut pas accepter que des entreprises ne respectent pas des décisions de justice". 

Selon la ministre de la Santé, "il faut trouver le chemin d'un compromis. Il ne faut pas être figés, et en même temps, il ne faut pas faire comme si l'ouverture des magasins le soir ou le dimanche n'était pas susceptible de poser des difficultés".

Inflexion de la position

Dimanche matin, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve, tout en se disant "défavorable" à la généralisation du travail le dimanche, avait aussi reconnu qu'il y a avait des "situations particulières", s'interrogeant sur la possibilité de "d'engager la discussion".

Enfin, pour la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, "il s'agit de poser ces sujets à plat, de définir un régime de dérogation", et de "mieux définir le régime des exceptions" mais "ça ne passera pas nécessairement par une loi, c'est prématuré de répondre à ça". Selon elle, il faut "garder à l'esprit que l'intérêt des salariés reste de préserver le droit à un repos dominical. Il y a un principe d'un côté -la pause dominicale qu'il faut défendre- et des exceptions qui peuvent être acceptées".

Ces déclarations marquent une évolution dans la position du gouvernement, dont le ton samedi fermait la porte à toute discussion: Benoît Hamon avait jugé "inadmissible qu'une marque n'applique pas une décision de justice", et la garde des Sceaux Christiane Taubira avait rappelé que "les règles s'imposent".

BFM Business.com avec Agences