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Total: le site de Carling va être fixé sur son sort

Une partie de l'usine Total de Carling, en Moselle, est menacée de fermeture.

Une partie de l'usine Total de Carling, en Moselle, est menacée de fermeture. - -

L’arrêt d’une partie du site mosellan pourrait être officialisé lors du comité central d’entreprise, ce mercredi 4 septembre, menaçant 350 postes. Le gouvernement se fait discret, malgré l'annonce de futures restructurations par Total.

A 60 kilomètres de Florange, champ de bataille électoral et terre d’espoirs finalement déçus, se trouve le site de Carling-Saint-Avold. Le géant pétrolier Total y emploie 550 personnes, dans l’une des quatre usines pétrochimiques qu’il possède sur le territoire français.

Il y est notamment produit de l’éthylène et du propylène, nécessaires pour la production de certaines matières plastiques, via une unité au nom barbare : le vapocraqueur.

La CFDT prête à accepter la fermeture

C’est précisément cette unité que Total s’apprête à fermer. Une décision qui pourrait être officialisée lors du comité central d’entreprise (CCE) prévu ce mercredi 4 septembre, menaçant près de 350 emplois.

En cause, une rentabilité réduite à néant par la crise du marché automobile, l’un des principaux clients de Carling, par le coût d’acheminement des produits pétroliers et par l’explosion du gaz de schiste aux Etats-Unis.

La CFDT, syndicat majoritaire du site, serait prête à accepter une fermeture du vapocraqueur, si aucun licenciement sec n’intervenait.

Le gouvernement se fait discret

Il faut dire que le gouvernement se fait étonnamment discret, même si le ministère du Redressement productif a bien étudié le dossier.

La raison est peut-être à chercher du côté des déclarations du PDG de Total, Christophe de Margerie. Vendredi 30 août, invité de l’université du Medef, le dirigeant a en effet indiqué que l’entreprise allait "être amenée à faire d’autres restructurations", sans donner plus de détails.

Un nouveau front social est donc peut-être en train de naître, alors que le souvenir de la fermeture de la raffinerie de Dunkerque, il y a trois ans, reste encore dans les mémoires.

"Donner un horizon plus optimiste aux Français"

A l’heure où l’exécutif cherche à se réconcilier avec les entreprises, à restaurer une confiance nécessaire à la reprise économique qui pointe le bout de son nez, une passe d’armes entre Arnaud Montebourg et la deuxième entreprise du CAC 40 serait plutôt malvenue.

"Le gouvernement n'est sans doute pas indifférent à l'avenir de Carling, mais la priorité est de donner un horizon plus optimiste aux Français", résume le politologue Bruno Jeanbart, joint par BFM Business.

Une position que le gouvernement ne pourra peut-être pas tenir éternellement.

Yann Duvert