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Social : syndicats et patronat au bord de la rupture

Laurence Parisot est toujours favorable à un choc de compétitivité

Laurence Parisot est toujours favorable à un choc de compétitivité - -

Les négociations sur la sécurisation de l'emploi se sont tendues brusquement entre Medef et syndicats. Les prochaines annonces gouvernementales sur la compétitivité risquent d'envenimer les choses.

La négociation sur l'emploi souhaitée par François Hollande avait pourtant bien commencé. La semaine dernière, syndicats et patronat s'étaient mis d'accord sur les futurs contrats de génération qui doivent entrer en application au début de l'année prochaine.

Mais, vendredi 26 octobre, la quatrième séance de négociation s'est achevée sur un constat d'échec. La prochaine séance, prévue le 15 novembre, risque donc d'être extrêment tendue. Il n'est d'ailleurs pas exclu que la négociation sur l'emploi tourne court à ce moment là. La veille, le 14 novembre, CGT, CFDT, l'Unsa et Solidaires, appellent en tout cas à une manifestation dans le cadre de la "journée européenne contre l'austérité".

Michel Sapin, le ministre du Travail, qui sera l'invité de BFMbusiness, lundi 29 octobre au matin, pourra donner son avis sur la possibilité d'un éventuel accord entre partenaires sociaux. Où s'il pense que le gouvernement devra finalement recourir à la loi en cas d'échec des négociations avant la fin de l'année, comme en avait menacé François Hollande en septembre.

"Inaccepatble"

"Inacceptables" : la CGT et la CFDT ont, en effet, qualifié en ces termes, vendredi, les propositions du Medef concernant la sécurisation de l'emploi, il est vrai le dossier le plus chaud des négociations actuelles.

Selon les syndicats, le patronat souhaite élargir la définition du motif économique du licenciement et encadrer les délais de procédure afin de pouvoir licencier plus rapidement et empêcher les recours en justice des salariés. Le Medef réclamerait également de limiter les licenciements économiques aux seules entreprises en grandes difficultés.

Pour la CFDT, "le projet patronal ne contient aucune piste de sécurisation de l'emploi", mais au contraire serait "uniquement tourné vers la sécurisation juridique des employeurs".

Le Medef ne lâchera pas

Ces tensions entre syndicats et patronat interviennent en plein débat sur la compétitivité. Après bien des flottements, Jean-Marc Ayrault devrait arrêter une position, le 6 novembre, à l'issue d'un séminaire gouvernemental réuni au lendemain de la remise officielle du rapport Gallois.

Mais là aussi, patronat et syndicats s'opposent sur les solutions à retenir pour méliorer la compétitivité des entreprises françaises. Au nom du Medef, Laurence Parisot réclame toujours des baisses de charges, patronales et salariales, avec, en contrepartie, une hausse de la CGS et de la TVA. Les syndicats sont globalement hostiles à ce "marchandage".

Le Medef, qui sait désormais qu'il n'obtiendra pas gain de cause sur les allégements de charges, ne va donc pas être enclin à lâcher du lest sur la sécurisation de l'emploi. Le blocage est presque total.

Patrick Coquidé