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Smic et retraites pour les premiers pas sociaux du quinquennat

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque accueilli mardi à Matignon par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le chef du gouvernement, accompagné des ministres concernés par les dossiers, a entamé des consultations avec les syndicats et les org

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque accueilli mardi à Matignon par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le chef du gouvernement, accompagné des ministres concernés par les dossiers, a entamé des consultations avec les syndicats et les org - -

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a entamé ce mardi des consultations avec les syndicats et les organisations patronales, pour préparer la grande conférence sociale de juillet. Elle doit permettre de lancer les premiers grands chantiers du quinquennat de François Hollande.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a entamé mardi des consultations avec les syndicats et les organisations patronales pour préparer la grande conférence sociale de juillet qui doit permettre de lancer les premiers grands chantiers du quinquennat de François Hollande. L'emploi en constitue la priorité principale au moment où les syndicats redoutent une vague de plans sociaux mis sous l'éteignoir pendant la campagne présidentielle, sur fond d'environnement économique déprimé. Mais les premières décisions attendues devraient porter sur le smic et un retour partiel à la retraite à 60 ans, une des promesses de campagne du nouveau chef de l'Etat, qui suscitent de fortes réserves chez les employeurs.
La CFDT, avec une délégation conduite par son secrétaire général François Chérèque, a été la première reçue à l'hôtel Matignon où devaient se succéder dans la journée les autres centrales syndicales représentatives ainsi que, côté patronat, le Medef, la CGPME et l'Union des professions artisanales (UPA). Tous se retrouveront ensemble le 5 juin autour du Premier ministre pour fixer la méthode et l'ordre du jour de la conférence prévue avant le 14 juillet.

Chérèque veut "une méthode de travail dans les cinq ans"

Selon un sondage de l'institut Harris Interactive publié par L'Humanité, 58% des Français estiment que l'emploi doit être le sujet prioritaire de ces réunions. Le pouvoir d'achat arrive en deuxième position (41%) et la compétitivité des entreprises en troisième (36%). Le nouveau gouvernement a annoncé sa volonté d'inscrire la conférence de juillet dans un processus continu de dialogue social tout au long du quinquennat, avec comme thèmes principaux l'emploi, les salaires, les conditions de travail, les retraites et l'égalité salariale. Interrogé à son arrivée sur ses attentes, François Chérèque a indiqué qu'il s'agissait d'abord de "se mettre d'accord sur une méthode de travail pour tout le quinquennat" puis de se donner de "vraies priorités", à commencer par l'emploi. "Faisons en sorte que le dialogue social ne soit pas un coup de début de quinquennat mais aussi une méthode de travail dans les cinq ans", a-t-il dit à la presse.
S'agissant du smic, le secrétaire général de la CFDT a dit souhaiter un "coup de pouce pour montrer la volonté d'aider les salariés qui sont les moins payés" sans toutefois évoquer d'ordre de grandeur. La CGT et FO ont déjà fait savoir qu'elles attendaient un "geste fort" du gouvernement mais le ministre du Travail, Michel Sapin, a exclu un "saut" sur le smic, invoquant la nécessité de ne pas fragiliser les petites et moyennes entreprises (TPE et PME). Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, a souhaité que cette hausse se fasse "a minima" en faisant valoir que 30% des salariés des TPE sont payés au smic.

Martine Aubry réagit sur RMC

Sur l'emploi, la CGT a annoncé son intention de remettre à Jean-Marc Ayrault et aux ministres qui l'accompagnent -Michel Sapin, Marisol Touraine (Affaires sociales), Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Arnaud Montebourg (Redressement productif)- une liste de 46 entreprises en redressement ou en liquidation où près de 45 000 emplois sont en jeu. François Chérèque a indiqué avoir pressé le gouvernement de travailler "sur tout ce qui est chômage partiel, moyens de Pôle emploi, aides aux salariés en difficultés, en particulier contrats aidés". Mais il a réclamé aussi la mise en place d'une mission interministérielle sur les plans sociaux pour coordonner les réponses des administrations aux situations d'urgence.
Le dirigeant de la CFDT s'est félicité de l'intention du gouvernement de rétablir la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ont suffisamment cotisé. Selon le quotidien Les Echos, cette mesure pourrait profiter à bien moins que les 130 000 à 150 000 bénéficiaires estimés jusqu'ici, au point que son coût s'établirait autour de deux milliards d'euros par an en rythme de croisière, alors qu'il était anticipé autour de cinq milliards. Marisol Touraine avait déclaré la semaine dernière que la réforme "devrait concerner environ 100.000 personnes par an". Cette différence, si elle se confirme, donnerait une marge de manoeuvre au gouvernement confronté à une pression des syndicats pour que tous les trimestres "validés" soient pris en compte, en incluant les périodes de maladie et de chômage.
Interrogée sur BFM TV et RMC, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a jugé "normal" que les congés maternité et les arrêts maladie soient aussi comptés. "Le congé parental, c'est moins évident", a-t-elle dit, ajoutant que, dans l'état actuel des finances de la sécurité sociale, il serait difficile de revenir sur la journée de carence (non rémunérée) en cas d'arrêt maladie établie par l'ancien gouvernement pour la fonction publique.