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Service public, Air France, énergie: journée de grève ce mardi

Une hospitalière en grève lors d'une précédente manifestation à Marseille, le 8 novembre dernier

Une hospitalière en grève lors d'une précédente manifestation à Marseille, le 8 novembre dernier - Boris Horvath - AFP

Les infirmiers, assistantes sociales ou encore les aides-soignants sont appelés à débrayer ce mardi pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail. Dans le même temps, les personnels au sol d'Air France font grève pour peser sur les négociations salariales.

Infirmiers, aides-soignants, assistantes sociales ou encore éducateurs spécialisés manifestent et font grève mardi pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, rejoints dans leur mouvement par d'autres représentants des services publics. Dans le même temps, plusieurs syndicats des personnels au sol à Air France ont appelé à débrayer.

Les hospitaliers et autres employés des établissements privés et publics des secteurs de la santé et du social sont une nouvelle fois appelés à la grève par une intersyndicale FO-CGT et SUD ainsi que 16 syndicats et associations d'infirmiers salariés et libéraux.

À Paris, une manifestation nationale est prévue à partir de 13h00 place Denfert-Rochereau (14e) et doit rejoindre les Invalides (7e). Des rassemblements sont également annoncés dans une quarantaine de villes.

Les conditions de travail en question

Le personnel pouvant être assigné pour assurer la continuité des soins, les hôpitaux ne devraient pas être perturbés. "Manque de personnel et de moyens", "épuisement professionnel", course "à la rentabilité", perte de sens: les maux dénoncés par les hospitaliers et leurs collègues du secteur social sont nombreux. "Notre plus grande souffrance c'est de ne pas pouvoir prodiguer des soins de qualité", déplore Nathalie Depoire, présidente de la CNI (Coordination nationale infirmière).

"On est dans des processus industriels, avec des patients qui deviennent des clients, or l'hôpital est le règne de l'imprévisibilité. Aucun patient ne réagit comme c'est écrit dans un tableau Excel", dénonce pour sa part Thierry Amouroux, du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI).

Remise en cause des 35 heures

Au-delà des revendications des infirmiers, l'intersyndicale réclame "l'abandon" des groupements hospitaliers de territoire (GHT), du plan triennal d'économies de "3,5 milliards" d'euros ou encore "l'arrêt des fermetures de lits".

Elle fustige également la remise en cause des 35 heures alors que "les comptes épargne-temps explosent".

Face à la colère du secteur et après le suicide d'au moins cinq infirmiers l'été dernier, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait dévoilé début décembre un plan pour l'amélioration de la qualité de vie au travail des hospitaliers. 

Les fonctionnaires appelés à rejoindre le mouvement

Les fédérations de fonctionnaires notamment CGT, FO, FA-FPT (Autonomes), FSU ont appelé les agents à rejoindre le mouvement afin de "défendre le service public hospitalier et la sécurité sociale"

Elles dénoncent aussi la "réforme territoriale et ses conséquences: fusion de communes, de conseils régionaux, création de métropoles", qui "entrainent des mobilités forcées et des inquiétudes grandissantes chez les agents et dégradent le service public".

Grève des personnels au sol à Air France

Cette journée d'action coïncide avec un appel à la grève lancé à Air France par plusieurs syndicats des personnels au sol afin de peser sur les négociations salariales qui s'ouvrent mardi. Un rassemblement est prévu aux alentours de 9H à proximité du siège de la compagnie à Roissy.

Le programme de vols sera, comme pour les autres compagnies, uniquement affecté par la grève des contrôleurs aériens. A l'appel de l'Unsa, troisième syndicat, les aiguilleurs du ciel sont en grève toute la semaine pour défendre l'organisation du temps de travail. Lundi, plus d'un quart des vols programmés dans l'ouest de la France ont été annulés, soit un peu moins de 5% au niveau national, selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Pour finir, un mouvement unitaire est prévu dans le secteur de l'énergie pour "la revalorisation des salaires" et contre "la casse des industries électriques et gazières", qui regroupent quelque 150.000 salariés. Les services de collecte de déchets pourraient également être perturbés, notamment à Paris.

J.M. avec AFP