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Roms : travail et démantèlement des camps font polémique

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La question des Roms continue de faire polémique. Cette fois, c'est un membre du gouvernement, Cécile Duflot, ministre du Logement, qui critique le démantèlement des camps. Se pose aussi la question de l'accès au travail des Roms.

Jeudi, la ministre du Logement Cécile Duflot a fait part de ses réserves face à la politique de démantèlement des camps de Roms, menée par son collègue à l'Intérieur, Manuel Valls. « Démanteler ces camps sans solution, c'est mettre les gens dans une précarité encore plus grande (...), et ça ne peut pas être une solution non plus », a-t-elle rappelé.
Cécile Duflot promet que le gouvernement va travailler sur des solutions alternatives pour permettre une meilleure intégration des Roms. Une conférence interministérielle dédiée à l’intégration de cette minorité aura lieu mercredi prochain. Elle sera présidée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, juste après le premier Conseil des ministres de rentrée. Parmi les pistes d’intégration, l’accès au travail des Roms apparaît comme l'une des priorités.

Titres de séjour et autorisations

Au cours de cette réunion, «un certain nombre de pistes de travail (...) seront annoncées», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Parmi ces pistes, le gouvernement envisage de lever avant le 31 décembre 2013 les mesures transitoires qui limitent l'accès au marché du travail des 15 000 Roms recensés en France.
Jusqu'ici, tous les citoyens européens peuvent librement travailler en France à l'exception des Bulgares et des Roumains. Concrètement, les Roms de nationalité bulgare ou roumaine ne peuvent exercer que certains métiers : maçon, géomètre, cuisinier, en tout 150 métiers qui connaissent des difficultés de recrutement. Si un Rom trouve un emploi, il doit obtenir auprès de la préfecture un titre de séjour et une autorisation de travail et son patron doit payer une taxe, en moyenne de 800 euros. Autant de mesures très restrictives qui ne favorisent évidemment pas l’embauche des Roms.

« Les accès à Pôle Emploi bloqués »

« Il faut que cette personne ait une autorisation de travail et un titre de séjour délivrés par la préfecture. Il faut également que l’employeur paye une taxe à l’Office français de l’immigration. Cette taxe se monte en moyenne à 800 euros, décrypte Aline Archimbaud, la sénatrice EELV à l’origine d’une proposition de résolution sur l'accès à l'emploi en France des Bulgares et des Roumains, y compris les Roms. Or, sauf exception, les délais de réponse des préfectures sont extrêmement longs, plusieurs mois, et très souvent, ces réponses sont négatives. Cela bloque donc toute possibilité d’accès au marché du travail, mais également aux services de Pôle Emploi et aux services d’apprentissage. Tout cela est impossible légalement ».

La Rédaction avec Y. Abback et A. Mognol