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Revenus: pourquoi il valait mieux être jeune il y a 30 ans

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- - Un nombre croissant de gens pensent que dans leur pays les enfants gagneront moins bien leur vie que leurs parents.

"Alors que les retraités ont vu leurs revenus monter en flèche ces 30 dernières années, les jeunes font les frais de la crise et du chômage. Dans les grands pays occidentaux, leurs revenus sont 20% inférieurs à la moyenne nationale, selon une étude du Guardian."

Les 20-35 ans ont beau avoir des diplômes, leur niveau de vie reste désespérément bas et dans tous les cas, à l'écart des richesses générées dans les sociétés occidentales. Voici 30 ans, une personne qui entrait sur le marché du travail se voyait généralement proposer un salaire supérieur à la moyenne nationale des revenus (retraités et chômeurs compris). Ce n'est plus du tout le cas pour les personnes nées entre 1980 et le milieu des années 90.

Cette inégalité a été mise en évidence par le Guardian, qui s'appuie sur les données de la Luxembourg Income Study comparant l'évolution des revenus et salaires dans huit des quinze plus grandes économies développées du monde.

Les jeunes Français font partie des grands perdants. En 1978, les 20-24 ans disposaient d'un revenu supérieur de 11,7% à la moyenne nationale. En 2010, ils doivent (sur)vivre avec une somme inférieure de 19,8% à ce dont disposent en moyenne tous les Français. Leur situation sur le plan financier s'est donc totalement inversée par rapport à celle des jeunes retraités. 

C'est encore pire dans les pays du sud de l'Europe. En Espagne, les revenus de la génération Y sont inférieurs de 12% à la moyenne nationale et en Italie, de 19%. Rien d'étonnant à ce que dans ces pays, de plus en plus de trentenaires n'aient toujours pas quitté le nid familial et retardent le moment de fonder une famille.

L'Australie fait exception

Aux États-Unis aussi, les jeunes doivent apprendre à vivre avec moins que leurs aînés: leurs revenus sont inférieurs de 9% à la moyenne nationale. Outre-Manche, les revenus des retraités ont carrément augmenté trois fois plus vite que ceux des jeunes. Seule l'Australie fait exception, puisque la génération Y a des revenus supérieurs de 2% à la moyenne nationale. 

Pourquoi de telles inégalités? La génération Y fait les frais de toute une combinaison de facteurs comme la crise économique, la hausse du chômage, la mondialisation, le déséquilibre démographique mais aussi de la hausse des prix de l'immobilier. "Leur situation sur le marché du travail ne s'est que peu améliorée depuis", explique au journal britannique Angel Gurria, secrétaire générale à l'OCDE. Et personne ne croit que cela puisse s'inverser. "Un nombre croissant de gens pensent que la situation financière des enfants dans leur pays sera pire que celle de leurs parents" relève même Angel Gurria. Ce qui ne va pas manquer d'avoir des conséquences sur l'équilibre de la société.

C.C.