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Retraites : un rapport pour rien ?

Selon le COR, il manquera 19 milliards d'euros en 2020.

Selon le COR, il manquera 19 milliards d'euros en 2020. - -

Après avoir annoncé en décembre un déficit de 19 milliards à l'horizon 2017, le Conseil d'orientation des retraites dénonce aujourd'hui les inégalités entre pensionnés. Mais sans dire où trouver l'argent pour les réduire.

En matière de retraites, l'année 2012 s'est achevée par un rapport alarmiste du Conseil d'orientation des retraites (COR) annonçant 19 milliards d'euros de déficit du régime général du privé pour 2017 et près de 24 milliards en 2020 si aucune réforme n'est entreprise rapidement.

L'année 2013 commence par un nouveau rapport du COR à la tonalité toute différente. Présenté officiellement mercredi 23 janvier, il liste les imperfections du système actuel en terme d'équité et de justice.

Le COR constate ainsi que le mode de calcul actuel (les 25 meilleures années) désaventage les bas salaires et les femmes dont la carrière est souvent incomplète. Idem des salariés à temps partiels qui n'arrivent pas toujours à faire valider des trimestres de cotisations, ayant travaillé moins de 200 heures dans la période. Autre sujet à revoir selon le COR : le mode de calcul de la surcote pour les salariés partant en retraite au delà de l'âge légal et qui désavantage les personnes ayant commencé à travailler jeune.

Tout le problème est que résoudre ces inégalités entraînerait de nouvelles dépenses pour le régime général qui reste déficitaire malgré les réformes récentes. Et le COR n'avance aucune piste dans son nouveau rapport.

Concertation au printemps

Le gouvernement, en tout cas, a annoncé une concertation avec les partenaires sociaux sur l'avenir du système au printemps. Le sujet pourrait également être abordé lors de la nouvelle conférence sociale prévue pour l'été.

Lors de ses voeux aux acteurs de l'économie, le 17 janvier dernier, François Hollande ne s'est cependant pas engagé sur une réforme des retraites dès 2013. Il a préféré "tacler" son prédécesseur, en rappelant que la réforme de 2012 votée à l'initiative de Nicolas Sarkozy était censée ramener le régime général "à l’équilibre". Il ne s'est pas non plus aventuré sur le sujet épineux des régimes spéciaux de retraites du secteur public toujours déficitaires qui oblige le Budget à leur verser plus de 6,5 milliards d'euros par an.
Au gouvernement, certains ne cachent pas que si la gauche ne peut pas politiquement proposer un recul de l'âge de départ en retraite, il faudra bien entériner l'adoption d'un mode de revalorisation moins favorable des pensions, quitte à mécontenter les retraités. Le Medef, lui, a déjà annoncé la couleur : il réclame le report de l'âge de départ à 63 ans.

Patrick Coquidé (texte) Gaëtane Meslin et Cathleen Bonnin (vidéo)