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Pourquoi vous devriez éviter l'ascenseur cette semaine

Les syndicats s'attendent à ce que le mouvement de grève chez Otis soit suivi à 80 voir 90%.

Les syndicats s'attendent à ce que le mouvement de grève chez Otis soit suivi à 80 voir 90%. - GLYN KIRK - AFP

Tous les syndicats d'Otis, le géant qui gère près du tiers des ascenseurs installés en France, ont appelé à une grève illimitée à partir de ce lundi. Si vous le pouvez, on vous conseille de prendre l'escalier…

Si votre ascenseur est susceptible, prenez plutôt l'escalier aujourd'hui. L'ensemble des syndicats d'Otis entame une grève illimitée ce lundi 8 juin. Or l'entreprise fait partie des quatre géants qui dominent complètement le marché en France, avec Koné, Schindler et ThyssenKrupp. Sur les 490.000 cabines qui distribuent les étages des immeubles français, 160.000 sont opérées pas Otis.

Et la mobilisation, dont l'objectif est de réclamer une hausse des salaires et de meilleures conditions de travail, promet d'être "sans précédent", selon la CFDT. "On s'attend à ce que le mouvement soit suivi par 80 à 90% des personnels sur l'ensemble de la France", a déclaré le représentant de la confédération.

Priorité aux personnes bloquées 

Le syndicat assure que la majeure partie des effectifs prendra le piquet dès ce lundi, tandis que les salariés d'astreinte en Province attendront vendredi 17 heures, et ceux de Paris dimanche 14 heures. Un mouvement d'autant plus massif que toutes les organisations syndicales, de la CGT à la CFE-CGC en passant par la CFDT donc, FO, et la CFTC, ont appelé à débrayer "pour une durée illimitée".

L'entreprise a beau assurer être "organisée pour que la grève génère le moins de perturbations possibles", il faudra prévoir des heures d'attente pour les personnes bloquées dans les cabines défectueuses. Ces situations extrêmes resteront la priorité des équipes non-grévistes, promet la direction, qui recommande aux usagers "de ne jamais tenter de sortir par leurs propres moyens".

La grève "pourrait s'éterniser", pour qu'elle s'arrête "il faudra que la direction lâche quelque chose", prévient le délégué, "la porte est ouverte de notre côté à des discussions", a déclaré la CFDT. En 2011, la précédente grève, engagée pour les mêmes motifs, avait duré neuf jours, sans que les revendications des syndicats soient finalement satisfaites.

Une entreprise "sous tension"

Dans une "entreprise déjà sous tension", l'absence d'augmentation collective des salaires pour 2015 "a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", a expliqué le délégué de la CFDT. "L'entreprise veut supprimer 170 postes. En même temps il y a un déploiement de nouvelles technologies et une réorganisation, tout ça se conjugue et donne des conditions de travail largement dégradées", a-t-il ajouté.

La direction d'Otis, elle, rappelle que le projet de plan social portant sur 170 suppressions de postes, annoncé en novembre, "est toujours en discussion". Elle promet en outre que des "augmentations individuelles, en fonction des managers" seront possibles en 2015.

Les professionnels expliquent que l'activité des ascensoristes a chuté ces derniers mois. En cause: les assouplissements apportés à la loi de sécurisation des ascenseurs existants. L'obligation de travaux de sécurité sur la précision d'arrêt des ascenseurs a été supprimée, entraînant une forte baisse des activités de modernisation, regrette la profession.

Nina Godart