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Pour la CPME, il faut encore attendre pour savoir si la réforme de l'apprentissage marche

François Asselin, le patron de la confédération des petites et moyennes entreprises, est revenu sur le bras de fer entre régions et gouvernement au sujet de l'apprentissage.

À qui attribuer les très bons résultats de l'apprentissage? Le ministère du Travail, qui a porté la réforme de la formation professionnelle de septembre 2018, se félicite d'une croissance "pour la première fois" à deux chiffres : le nombre de jeunes entrés en apprentissage a en effet progressé de 16% en 2019 pour atteindre un nouveau record de 353.000 personnes. Les régions, elles, affirment que la réforme n'y est pour rien parce qu'elles étaient en charge de l'apprentissage jusqu'en décembre 2019, et accusent la ministre Muriel Pénicaud de s'approprier ces résultats obtenus grâce à leur action, rappelant avoir versé "9 milliards d'euros sur les cinq dernières années".

"On a besoin de tout le monde pour que ça fonctionne. On a d'abord besoin des entreprises, qui recrutent des apprentis, on a besoin des apprentis (…), et puis ensuite effectivement vous avez (…) les régions et l'Etat. La réforme a été une bonne réforme (…). Mais là où les régions ont raison, c'est qu'il faudra juger sur plusieurs exercices les résultats de cette réforme. Félicitons-nous de ce résultat et de cette augmentation à deux chiffres. (…) Mais c'est (…) à la rentrée 2020 qu'on comprendra si oui ou non cette réforme est vraiment excellente", a commenté le patron de la confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin, sur BFM Business.

Bras de fer entre État et régions

Un bras de fer oppose depuis deux ans les régions, qui souhaitaient garder leur compétence en matière d'apprentissage des jeunes, au gouvernement qui l'a confiée aux branches professionnelles par une loi d'août 2018. Les CFA (Centres de formation des apprentis) peuvent désormais ouvrir plus simplement, sans autorisation des régions. Ils ne sont plus financés depuis le 1er janvier 2020 par les régions mais par l'intermédiaire des branches et en fonction du nombre de jeunes sous contrat. Dès lors qu'un jeune et une entreprise signent un contrat d'apprentissage, le CFA est assuré d'avoir le financement de la formation, grâce au dispositif du "coût contrat".

J. B. avec AFP