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Pôle Emploi : l’été, les chômeurs craignent les radiations

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En juillet 2011, le nombre de chômeurs radiés de Pôle Emploi avait bondi de 25%. Des associations appellent les demandeurs d’emploi à la plus grande vigilance.

La radiation des listes de Pôle Emploi inquiète les chômeurs après l’hécatombe de l’été 2011. Des associations appellent les demandeurs d’emploi à la plus grande vigilance. En juillet 2011, le nombre de chômeurs radiés de Pôle Emploi avait bondi de 25%.
« Ce n'est pas parce que les radiations ont augmenté pendant un mois qu'il y a une politique secrète. Partir du principe que les conseillers n'ont qu'une seule idée en se levant : radier ! C'est faux », se défend Pôle emploi. Les chiffres vont dans ce sens : au premier semestre 2012, 39 513 personnes ont été sanctionnées en moyenne chaque mois, moins qu'à la même période en 2011 (41 050). « Les radiations ont même baissé de 12% entre 2007 et 2011 », insiste-t-on.
Pour Sophie Hancart, du site Actu chômage, « il y a près de 500 000 radiations par an, dont un quart par erreur. Du coup, on devient un peu parano ».

« Les courriers dématérialisés, c’est un piège »

Pourtant, les demandeurs d’emploi sont inquiets. Le site Recours-Radiation, géré par Rose-Marie Péchallat, a reçu 40 000 visites en juillet, 30% de plus qu’habituellement. C’est elle qui est à l’origine de cet appel à la vigilance. « Les courriers dématérialisés, c’est un piège, dénonce-t-elle. Le système informatique bugue beaucoup, on voit tous les cas de figure. Parfois les courriers n’arrivent pas dans l’espace personnel. Pour une convocation, si la personne ne la reçoit pas, elle ne va pas venir. Si elle ne vient pas, l’avertissement avant la radiation prendra le même circuit. Et la personne va apprendre qu’elle avait eu une convocation à laquelle elle ne s’est pas présentée au moment où elle sera radiée. On ne devrait pas automatiser les sanctions de ce genre-là ».

« Priver quelqu'un de revenus, c'est très grave »

Jean-Louis Walter, le médiateur national de Pôle Emploi, se dit particulièrement attentif durant la période estivale. « J'ai en mémoire ce qui s'est passé l'été dernier, on veille pour essayer de comprendre le pourquoi de cette psychose. Priver quelqu'un de revenus, c'est très grave », estime le médiateur, qui consacrera une partie de son prochain rapport au sujet, et s'apprête à effectuer une tournée des agences pour « voir ce qui se passe » et « le dire haut et fort afin d'éviter les polémiques stériles ».

La Rédaction, avec Lionel Top