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Pierre Gattaz sur l’ISF: "un poison comme ça, il faut le supprimer"

Pierre Gattaz veut la fin de l'ISF.

Pierre Gattaz veut la fin de l'ISF. - Eric Piermont - AFP

"Invité de BFM Business, le président du Medef a réaffirmé le désaccord du patronat avec le projet de loi travail dans sa forme actuelle. Il en a aussi profité pour évoquer l’ISF, et…Emmanuel Macron."

Alors que son ultimatum a récemment fait réagir le gouvernement, pierre Gattaz n’en démord pas: si le gouvernement ne revient pas à la version initiale du projet de loi El Khomri, le Medef pourrait quitter la table des négociations de l’assurance-chômage.

"Trop c’est trop", a-t-il martelé, jeudi au micro de BFM Business. "Lorsque le projet a été mis sur la table ça allait dans le bon sens: c’était la version 1". Mais "elle s’est dégradée en version 2, puis en version 3", a regretté le président du Medef.

Le dirigeant estime en effet que "trois obstacles" devront désormais être surmontés par les entreprises. Notamment le mandatement syndical obligatoire dans les TPE et les PME, "un casus belli pas acceptable. (…) Pour discuter d’accords, les chefs d’entreprises peuvent discuter directement avec leurs salariés".

"Nous demandons ensuite de retirer le CPA (Compte personnel d’activité), qui a été complètement déformé, (…) on y comprend plus rien", a-t-il poursuivi. Troisième point: la surtaxatation des CDD qui, selon lui, "créera du chômage".

Macron "respecte l'entreprise"

Autre sujet évoqué par le patron des patrons: la suppression de l’ISF, évoquée par Emmanuel Macron mais immédiatement rejetée par Manuel Valls.

"Un poison comme ça, il faut le supprimer", a répété Pierre Gattaz. "Ca ramène peut-être quatre milliards d'impôts mais ça a détruit sans doute des dizaines de milliards et de PIB (produit intérieur brut) en France parce que nous sommes l'un des derniers pays au monde à avoir de l'ISF".

Interrogé justement sur Emmanuel Macron, le patron de la puissante organisation patronale s’est ensuite montré élogieux vis-à-vis du ministre de l’Économie : "Il incarne une nouveauté politique très intéressante. D’abord il assume parfaitement l’entreprise, il la respecte et il la considère comme le moteur de création de richesses et d’emplois. (…) Il est très bien vu des entrepreneurs".

Y.D.